Augmentation de 25 % des coûts de la rentrée étudiante en six ans, alerte la FAGE

Le coût de la rentrée étudiante a connu une augmentation significative de 25 % en six ans, selon un rapport publié ce mercredi par la FAGE, le principal syndicat étudiant en France. Cette hausse soulève des inquiétudes quant à la précarité persistante des étudiants, en particulier ceux qui ne bénéficient pas d’aides financières.

EN BREF

  • La rentrée 2026 coûtera en moyenne 3 240 euros pour un étudiant non boursier.
  • Les étudiants extra-communautaires seront particulièrement touchés avec des frais atteignant 7 023 euros.
  • La FAGE appelle à une prise en charge des frais spécifiques de rentrée par l’État.

Selon la présidente de la FAGE, Suzanne Nijdam, cette situation met en lumière une précarité étudiante qui s’est installée durablement. Elle déplore que les aides sociales, censées soutenir les étudiants, aient été considérablement réduites depuis 2020. En pleine crise sanitaire, le gouvernement avait promis d’agir pour protéger les étudiants, mais les résultats semblent décevants aujourd’hui.

Pour la rentrée 2026, le coût moyen pour un étudiant non boursier en licence est estimé à 3 240 euros, soit une augmentation de 655 euros par rapport à 2020. Les dépenses mensuelles courantes s’élèvent à 1 145 euros, avec un logement représentant la part la plus importante, coûtant en moyenne 637 euros par mois. À cela s’ajoutent des dépenses alimentaires évaluées à 181 euros, sans compter les frais de restauration universitaire.

Les frais de transport, quant à eux, atteignent en moyenne 152 euros par mois. La FAGE souligne également l’importance des loisirs, avec une dépense mensuelle de 52 euros, un élément souvent considéré comme secondaire mais qui joue un rôle clé dans la santé mentale des étudiants.

Les frais spécifiques de rentrée, qui s’élèvent à 2 095 euros, incluent des coûts tels que les frais d’agence immobilière, qui peuvent atteindre 326 euros, ou le dépôt de garantie pour la location d’un logement, estimé à 637 euros. L’achat de matériel pédagogique, y compris des manuels, représente également une charge non négligeable, avec un coût moyen de 502 euros.

La FAGE critique particulièrement ces frais, les qualifiant de « frais illégaux ». Dans certaines filières comme l’odontologie, les étudiants doivent se procurer des équipements indispensables pour leur formation, entraînant des dépenses pouvant dépasser 800 euros. L’organisation réclame une intervention de l’État pour couvrir ces coûts supplémentaires.

Les étudiants extra-communautaires, en particulier, se trouvent dans une situation précaire. Avec la suppression des APL et l’introduction de frais d’inscription différenciés, leur coût de rentrée atteint désormais 7 023 euros. Cela inclut des droits d’inscription de 2 895 euros en licence et de 3 941 euros en master. Ces nouvelles charges sont décrites par la FAGE comme des « coups de massue ».

Face à cette situation, la FAGE appelle à la suppression de ces mesures. Elle plaide également pour une indexation et une revalorisation des bourses étudiantes, un sujet qui a été abordé dans une proposition de loi adoptée en première lecture en juin. Par ailleurs, l’organisation réclame la pérennisation de l’encadrement des loyers pour alléger la pression financière sur les étudiants.

Ces chiffres et constats soulignent l’urgence d’une action collective pour améliorer les conditions de vie des étudiants en France. Alors que la rentrée se profile, la question de la précarité étudiante demeure un sujet de préoccupation majeur pour les acteurs du secteur.