Les impacts de la ménopause sur le syndrome du canal carpien chez les femmes

Le syndrome du canal carpien, provoquant des fourmillements, des engourdissements et une perte de force, touche particulièrement les femmes autour de la cinquantaine. Si les variations hormonales jouent un rôle dans son apparition, d’autres facteurs tels que le travail répétitif et certaines maladies ne doivent pas être négligés.

EN BREF

  • Le syndrome du canal carpien touche 10 % des femmes et 9 % des hommes en France.
  • Les interventions chirurgicales pour ce syndrome concernent majoritairement des femmes de 50 à 59 ans.
  • Des solutions conservatrices sont souvent privilégiées avant d’envisager la chirurgie.

Selon une étude de Santé publique France, plus d’une personne âgée de 20 à 64 ans sur dix a déclaré avoir souffert d’un syndrome du canal carpien au cours des cinq dernières années. Cette pathologie est particulièrement fréquente chez les femmes, avec une prévalence de 10 %. En 2022, 124 011 opérations ont été réalisées en France, dont 61 % concernaient des femmes, principalement âgées de 50 à 59 ans.

Comprendre le syndrome du canal carpien

Le canal carpien est un passage étroit situé au niveau du poignet. Il contient les tendons fléchisseurs des doigts ainsi que le nerf médian, essentiel pour la sensibilité de certaines parties de la main. Lorsque les tissus entourant ce canal gonflent ou que l’espace se réduit, cela entraîne une compression du nerf, provoquant des symptômes variés.

Les femmes sont plus souvent touchées par ce syndrome en raison de leur anatomie. Un canal carpien plus étroit chez elles, combiné aux fluctuations hormonales et à la rétention d’eau, peut accroître la pression sur le nerf médian. Une publication de 2024 dans la revue Climacteric a proposé le terme de « syndrome musculo-squelettique de la ménopause » pour désigner divers troubles liés à la baisse des œstrogènes, mais ce concept reste encore à établir comme un diagnostic médical officiel. Le lien entre ménopause et canal carpien est complexe et mérite d’être approfondi.

Symptômes et prise en charge

Les symptômes se manifestent principalement dans le pouce, l’index, le majeur et une partie de l’annulaire, souvent durant la nuit. Le fait de secouer la main pour apaiser ces sensations est connu sous le nom de signe de Flick. Une consultation médicale est recommandée si les engourdissements deviennent permanents, si des objets tombent régulièrement des mains, ou si une fonte musculaire apparaît à la base du pouce. Une compression prolongée peut entraîner des lésions nerveuses difficiles à traiter.

Plus de 70 % des personnes souffrant de ce syndrome attribuent leur condition à leur activité professionnelle. Pourtant, seulement une sur dix déclare une maladie professionnelle. Des métiers exposant à des mouvements répétitifs du poignet, à des efforts de préhension ou à des vibrations sont plus susceptibles de favoriser l’apparition de cette pathologie. Le médecin du travail peut évaluer les conditions de travail et suggérer des aménagements.

Options de traitement

En l’absence de signes de gravité, la prise en charge débute souvent par des mesures conservatrices. Si ces approches échouent, une infiltration de corticoïdes peut être proposée, bien que son effet soit temporaire. À l’heure actuelle, il n’existe pas de preuve solide démontrant qu’un régime alimentaire, des compléments ou des massages aux huiles essentielles puissent soulager la compression du nerf médian.

La chirurgie, consistant à sectionner le ligament qui ferme le canal, est envisagée lorsque les traitements médicaux ne suffisent pas ou lorsque des signes de gravité apparaissent. Bien que cette intervention soit généralement réalisée en ambulatoire et ne soit pas urgente, elle ne doit pas être retardée si des atteintes motrices ou une perte nerveuse sont constatées.

Les femmes doivent être conscientes des signes avant-coureurs du syndrome du canal carpien, surtout autour de la ménopause. Un diagnostic précoce et une prise en charge adéquate peuvent permettre de limiter les impacts à long terme sur leur qualité de vie.