Lors d’une visite dans un lycée le 1er septembre, Emmanuel Macron a plaidé pour l’interdiction des téléphones portables dans les établissements scolaires. Cette prise de position résonne avec les habitudes de nombreux Français, dont deux sur trois admettent être dépendants de leur smartphone au quotidien.
EN BREF
- Emmanuel Macron prône l’interdiction des smartphones à l’école.
- Deux Français sur trois se disent accros à leur téléphone.
- Le phénomène touche surtout les jeunes de moins de 35 ans.
Au cours de cette intervention, le président a partagé ses propres pratiques en matière de déconnexion, révélant qu’il impose à son entourage de laisser leur téléphone à l’entrée lors des réunions à l’Élysée. « Dans le Conseil des ministres, chacun dépose son téléphone avant. Sinon, nous ne sommes pas disponibles à ce que nous faisons », a-t-il souligné, déplorant une société devenue « liquide » et souvent distrait.
Cette problématique de la dépendance numérique est corroborée par une étude de l’Ifop, qui montre que plus de 80 % des jeunes de moins de 35 ans se disent accros à leur smartphone. En revanche, seulement 40 % des seniors partagent ce constat. Les comportements liés à l’utilisation des smartphones sont révélateurs : deux tiers des Français avouent garder leur téléphone à la main pendant les repas, tandis que 40 % d’entre eux n’ont jamais passé une journée entière sans l’utiliser depuis leur acquisition.
Dans le milieu professionnel, la situation est tout aussi préoccupante. Neuf salariés sur dix admettent consulter leur téléphone au cours des réunions, qu’il s’agisse de naviguer sur Internet, de faire défiler les réseaux sociaux ou d’envoyer des messages.
Lors d’une récente émission sur RMC, des auditeurs et chroniqueurs ont abordé la difficulté de décrocher de leur smartphone. Pauline, une consultante RH de 30 ans vivant dans le Val-d’Oise, a partagé son expérience personnelle : « Je pouvais atteindre les 10 heures par jour sur le téléphone. Dès que je recevais un message, je finissais sur les réseaux sociaux par réflexe. Le soir, avant de dormir, je regardais juste une vidéo et ça finissait en une heure sur Instagram ou YouTube. » Cette prise de conscience a été catalysée par la naissance de son enfant il y a cinq mois.
Pour limiter son utilisation, elle a installé une application de restriction d’accès, Jomo, qui lui permet de limiter ses sessions sur Instagram à quatre périodes de cinq minutes par jour. « Je suis passée de 10 heures à 3 heures d’écran par jour. Maintenant, je regarde rapidement les stories de mes proches, je réponds à quelques messages, et en cinq minutes c’est fait. C’est radical », a-t-elle déclaré.
Les chroniqueurs de l’émission ont également souligné la complexité de se déconnecter, surtout lorsque le smartphone est perçu comme un outil de travail indispensable. Emmanuelle Dancourt, journaliste, a partagé son propre combat contre cette dépendance : « Mon téléphone, c’est mon bureau et mon outil de travail », avouant qu’elle est « beaucoup plus accro » que ses enfants. Même si elle parvient à décrocher pendant ses vacances, elle redoute le retour aux réalités numériques. « Quand tu te reconnectes, tu as 156 mails à rattraper, et c’est épuisant », a-t-elle ajouté.
Pierre Rondeau, économiste et enseignant, a également témoigné des effets néfastes de cette dépendance, tant chez les adultes que chez les étudiants. « J’ai l’impression que mon téléphone est greffé à ma main. En plus de ça, j’ai une montre connectée qui vibre à chaque notification, donc c’est compliqué de décrocher », a-t-il observé, notant que dans ses amphithéâtres, les jeunes sont souvent connectés à leurs ordinateurs et aux réseaux sociaux.
La question se pose alors : comment concilier l’usage de ces technologies indispensables dans la vie quotidienne tout en préservant une certaine qualité de vie ? La réponse semble passer par une prise de conscience collective et des mesures adaptées, comme celles prônées par Emmanuel Macron.