La ménopause, qui survient aux alentours de cinquante ans chez les femmes, entraîne une perte osseuse significative, due à la cessation de la sécrétion d’œstrogènes par les ovaires. Cette perte osseuse varie d’une femme à l’autre, oscillant entre 0,5 % et 1 % par an pour celles qui perdent peu, et atteignant 3 % à 4 % pour d’autres. En l’espace de dix ans, une femme ménopausée peut ainsi perdre jusqu’à 30 à 40 % de son capital osseux, selon le Pr Bernard Cortet, rhumatologue au CHU de Lille et président sortant du Groupe de Recherche et d’Information sur les Ostéoporoses (GRIO).
EN BREF
- La ménopause entraîne une perte osseuse pouvant aller jusqu’à 40 % en dix ans.
- Une alimentation riche en calcium et en protéines est essentielle pour la santé osseuse.
- Un suivi médical régulier est recommandé pour évaluer les risques d’ostéoporose.
Cette situation place les femmes à un risque accru de développer une ostéoporose, une maladie caractérisée par une fragilité osseuse. En effet, environ 40 % des femmes après la ménopause sont concernées, ce qui peut entraîner des fractures, parfois graves, sans traumatisme majeur. Les fractures de la hanche, du bassin ou des vertèbres représentent des complications sérieuses qu’il est crucial de prévenir.
Conseils pour prévenir l’ostéoporose
La prévention de l’ostéoporose passe en grande partie par des recommandations sur l’hygiène de vie. Le Pr Cortet souligne l’importance d’un apport alimentaire adéquat, notamment en calcium. Des études ont établi un lien direct entre l’apport en calcium et le risque d’ostéoporose. Pour cela, il est conseillé de consommer 2 à 3 produits laitiers par jour, en privilégiant les produits fermentés tels que le yaourt et le fromage blanc, qui ont un effet bénéfique sur la santé osseuse.
Les protéines, qu’elles soient d’origine animale ou végétale, jouent également un rôle clé dans le maintien de la santé osseuse. Il est recommandé de consommer environ 0,83 g de protéines par kilo de poids corporel chaque jour. En parallèle, l’activité physique est essentielle. Les exercices en charge, tels que la marche, la course à pied, ou des sports comme le tennis, sont particulièrement bénéfiques. Ces activités permettent un contact direct avec le sol, ce qui stimule la santé des os.
De plus, les exercices de renforcement musculaire, comme le Pilates, sont également conseillés. En effet, la contraction des muscles contribue à la solidité osseuse grâce à un phénomène appelé « mécanostat », qui traduit les signaux mécaniques en réponses biologiques favorables pour les os.
Autres facteurs à considérer
Il est également crucial de ne pas fumer et de limiter la consommation d’alcool, car ces habitudes peuvent nuire à la santé osseuse. Pour les femmes ménopausées, une supplémentation en vitamine D peut s’avérer bénéfique, surtout si un déficit est constaté. Par ailleurs, le traitement hormonal de la ménopause (THM) peut être envisagé pour certaines femmes, car il aide à prévenir la perte osseuse et les fractures ostéoporotiques. Il est impératif de discuter de ces options avec un médecin afin d’évaluer les bénéfices et les risques.
En ce qui concerne les traitements médicamenteux anti-ostéoporotiques, tels que les biphosphonates ou le denosumab, ils ne sont généralement pas nécessaires au début de la ménopause, sauf dans des cas particuliers. Ces traitements sont davantage réservés aux femmes plus âgées ayant déjà une ostéoporose identifiée ou des antécédents de fractures. Les spécialistes du GRIO recommandent également que la densitométrie osseuse soit effectuée systématiquement chez les femmes d’environ 60 ans, surtout celles présentant des facteurs de risque tels qu’une ménopause précoce ou un faible poids.
Cette approche permet un suivi personnalisé et adapté, essentiel pour prévenir l’évolution de la maladie par des mesures tant non médicamenteuses que médicamenteuses.