Les sapeurs-pompiers de France se mobilisent à partir de ce mardi pour une grève de six semaines, après un été particulièrement éprouvant marqué par des chaleurs extrêmes et une multiplication des incendies. Peter Gurruchaga, sapeur-pompier dans l’Oise et représentant CGT des SDIS, qualifie cette situation de « roue de secours d’un système qui s’écroule ». Les pompiers dénoncent un véritable manque de financement des services publics qui les affecte directement.
EN BREF
- Les pompiers entament une grève pour réclamer des moyens matériels et humains accrus.
- Une manifestation est prévue le 29 septembre, ouverte à la population.
- Les syndicats demandent une meilleure reconnaissance de la santé et de la sécurité au travail.
Les témoignages de plusieurs sapeurs-pompiers révèlent une situation alarmante. Tristan Larruy, secrétaire général FO des sapeurs-pompiers de l’Aude, indique que le manque de matériel, tel que les véhicules et les protections individuelles, entraîne une augmentation des délais d’intervention. « Les équipes sont épuisées, on enchaîne les gardes », déplore-t-il.
La saison des feux n’est pas terminée. Peter Gurruchaga prédit qu’elle pourrait durer jusqu’à fin septembre, voire octobre, en particulier en Gironde. Les pompiers, bien que suivis dans leur mouvement de grève, continueront d’assurer leurs missions car les 44.300 pompiers professionnels peuvent être réquisitionnés pour garantir la continuité du service public.
Cette mobilisation survient alors que les syndicats sont en attente des grandes lignes d’un projet de loi issu du « Beauvau de la Sécurité civile », qui devait apporter des financements supplémentaires. Cependant, cette initiative semble avoir été abandonnée, laissant les pompiers dans un certain fatalisme. « On ne s’attend pas à grand-chose. On se prépare surtout à être déçus », regrette Gurruchaga.
Le 29 septembre, une manifestation d’ampleur est prévue, visant à rassembler les sapeurs-pompiers et toute la population. « C’est notre service public à tous », affirme le syndicaliste, ajoutant que cette mobilisation pourrait être historique.
Les syndicats insistent sur la nécessité de plus de moyens matériels et humains, ainsi qu’une meilleure considération de leur santé et sécurité au travail. Ils réclament également la reconnaissance automatique des cancers comme maladies professionnelles, une demande cruciale étant donné les risques encourus.
Peter Gurruchaga souligne que malgré les discours louant les sapeurs-pompiers volontaires, cette reconnaissance semble être plus une question de statut que d’intérêt réel pour les personnes. « Ils représentent 14% de la rémunération, alors qu’ils sont indispensables pour le fonctionnement quotidien », déclare-t-il.
Depuis la départementalisation des SDIS en 1996, les départements font face à des défis financiers croissants. Leurs dépenses de fonctionnement ont grimpé de 3,9 milliards d’euros en 2012 à 5,2 milliards en 2025. L’État, quant à lui, contribue à hauteur d’environ 1 milliard d’euros, un montant jugé insuffisant par les syndicats.
Xavier Boy, du syndicat FA SPP-PATS, évoque le besoin urgent d’une contribution étatique plus significative. « Le financement des SDIS est d’environ 6 milliards d’euros, et l’État ne fait pas assez », conclut-il.
Alors que les pompiers se préparent à cette grève, leur détermination à obtenir des conditions de travail dignes et un soutien adéquat est plus forte que jamais. Ils veulent faire entendre leur voix et rappeler l’importance de leur rôle au sein de la Sécurité civile.