Dans un contexte oĂč le commerce de proximitĂ© reprend du terrain face Ă la grande distribution, Philippe Palazzi, directeur gĂ©nĂ©ral du groupe Casino, lance un appel aux candidats Ă l’Ă©lection prĂ©sidentielle. Il propose des solutions pour revitaliser les centres-villes et soutenir les petits commerçants.
EN BREF
- Philippe Palazzi appelle Ă soutenir le commerce de centre-ville.
- Il propose des parkings-relais et l’ouverture des magasins le dimanche.
- Le commerce de proximité gagne du terrain face à la grande distribution.
Dans un entretien accordĂ© Ă La Tribune Dimanche, Philippe Palazzi affirme que l’avenir de la grande distribution rĂ©side dans la petite distribution. Ce constat fait Ă©cho Ă une volontĂ© croissante de redynamiser les centres-villes, une aspiration partagĂ©e par de nombreux Français. Le directeur gĂ©nĂ©ral de Casino met en avant l’importance d’amĂ©liorer l’accessibilitĂ© aux centres-villes, notamment par le biais de parkings-relais connectĂ©s Ă des navettes gratuites.
Palazzi se montre Ă©galement favorable Ă lâouverture des magasins le dimanche aprĂšs-midi, une suggestion qui a Ă©tĂ© saluĂ©e par Philippe Laurent, prĂ©sident de âCentre-ville en mouvementâ et maire de Sceaux, lors de son intervention sur RMC. Il prĂ©cise que cette ouverture doit toutefois ĂȘtre rĂ©alisĂ©e dans le respect du code du travail.
Pour Palazzi, revitaliser les centres-villes est devenu essentiel. Selon lui, les Français aspirent Ă retrouver une place pour le commerce traditionnel et Ă dĂ©velopper lâanimation des espaces urbains. âLes cafĂ©s, les terrasses, lâanimation des rues, tout cela contribue Ă recrĂ©er du lien socialâ, dĂ©clare-t-il. Il insiste sur le fait que le commerce ne peut plus se contenter d’attendre les clients, mais doit ĂȘtre proactif.
Cette dynamique est renforcĂ©e par une tendance observable ces derniĂšres annĂ©es : le commerce de proximitĂ© gagne en parts de marchĂ©, au dĂ©triment des grandes surfaces. JĂ©rĂŽme, habitant dâAix-en-Provence, illustre ce changement. PrĂ©fĂ©rant faire ses courses Ă pied en ville, il dĂ©clare : âPasser plus dâune heure dans un supermarchĂ©, ce nâest pas possible.â Pour lui, la circulation et le stress associĂ©s aux grandes surfaces sont des freins majeurs Ă cette expĂ©rience d’achat.
JĂ©rĂŽme a Ă©galement ses habitudes. âLes produits dâentretien ici, les produits du petit-dĂ©jeuner là ⊠Jâai ma petite liste qui sâest faite avec le tempsâ, explique-t-il. Ce modĂšle de consommation s’avĂšre efficace, car il permet de rĂ©duire considĂ©rablement le temps passĂ© Ă faire les courses.
Cependant, les hypermarchĂ©s conservent un attrait certain grĂące Ă des loyers moins Ă©levĂ©s et des prix plus compĂ©titifs, notamment pour les produits en grande quantitĂ©. Un autre habitant souligne quâil est souvent plus rentable de faire le trajet vers une grande surface, mĂȘme avec le coĂ»t du carburant, que de faire ses courses dans des commerces de proximitĂ©.
Une solution alternative se dessine pour ceux qui ne peuvent pas se dĂ©placer : la livraison Ă domicile. Un trentenaire, nâayant pas le permis, fait ce choix, mĂȘme si cela implique des coĂ»ts plus Ă©levĂ©s. âLe prix des produits livrĂ©s reste infĂ©rieur Ă celui des petites supĂ©rettesâ, admet-il, tout en reconnaissant que ces commerces de proximitĂ© demeurent pratiques pour des courses dâappoint.
Ce phĂ©nomĂšne est dâautant plus alarmant que plus de six communes sur dix ne disposent aujourdâhui dâaucun commerce de dĂ©tail. La question de l’avenir du commerce de proximitĂ© et des centres-villes devient alors cruciale, et les propositions de Philippe Palazzi pourraient bien reprĂ©senter une voie Ă explorer pour garantir la survie de ces espaces commerciaux.