Marine Le Pen propose un plan de soutien aux buralistes face à la crise fiscale

Face à la détresse des buralistes, Marine Le Pen, candidate du Rassemblement National à l’élection présidentielle, a dévoilé un plan ambitieux destiné à soutenir ce secteur jugé « vital » pour les villes et les villages. Dans une lettre adressée aux professionnels, elle a suggéré plusieurs mesures fiscales pour lutter contre la crise qui frappe ces commerces.

EN BREF

  • Marine Le Pen propose de geler les taxes sur le tabac et de désindexer les prix sur l’inflation.
  • Elle souhaite renforcer la lutte contre la cigarette de contrebande et améliorer les prérogatives des policiers municipaux.
  • La part de tabac échappant à la fiscalité représente un manque à gagner de 4,3 milliards d’euros pour l’État.

Des mesures fiscales pour sauver les buralistes

Marine Le Pen a mis en avant deux propositions majeures : le gel des taxes sur le tabac et la désindexation des prix des cigarettes par rapport à l’inflation. Selon un rapport du Sénat, un paquet de cigarettes vendu à 12,50 euros génère des recettes fiscales de 10,50 euros pour l’État, laissant seulement 1 euro pour le fabricant et 1 euro pour le buraliste. Cette situation met en péril l’existence même de ces commerces.

En outre, la candidate prévoit d’intensifier la lutte contre la cigarette de contrebande, en durcissant les sanctions à l’encontre des trafiquants et des ventes illicites. Elle propose également d’accroître les prérogatives des policiers municipaux afin qu’ils puissent participer activement aux saisies de produits illicites.

Un constat alarmant sur le secteur

Les buralistes se trouvent dans une situation de plus en plus précaire. Un rapport des douanes d’octobre 2025 révèle que la part de tabac consommé échappant à la fiscalité nationale représentait un manque à gagner fiscal de 4,3 milliards d’euros en 2023, alors que l’État perçoit déjà 13 milliards d’euros grâce aux taxes sur le tabac. Cette situation menace directement la viabilité des buralistes, qui se voient contraints de diversifier leurs activités pour survivre.

Didier Giraud, agriculteur et intervenant sur RMC Story, souligne que « buraliste, ce n’est pas que vendre du tabac ». Il évoque les défis auxquels font face ces commerçants dans les zones rurales, où ils sont souvent le dernier maillon d’un tissu social essentiel. « Les services de l’État comme La Poste, qui ferment dans certaines zones désertées, devraient être suppléés par les buralistes », affirme-t-il.

Olivier Truchot, animateur sur RMC, abonde dans ce sens, en soulignant que l’État profite d’une addiction tout en prétendant lutter contre le tabagisme. « L’État se fait de l’argent sur une addiction qui tue », déclare-t-il, remettant en question la cohérence des politiques publiques à ce sujet.

Récits de buralistes en difficulté

Les témoignages de buralistes illustrent la réalité du terrain. Christian, buraliste en Moselle, évoque des difficultés croissantes dues à une fiscalité de plus en plus lourde. « Je suis frontalier, tout le monde va au Luxembourg ou en Allemagne », explique-t-il. Il est confronté à une concurrence accrue et à des taxes sur chaque nouveau produit qu’il souhaite proposer, rendant son activité de plus en plus compliquée.

Pour beaucoup, le tabac représente encore une part significative de leur chiffre d’affaires. Christian admet que « le tabac représente toujours la moitié de son chiffre d’affaires », mais il craint que cela ne suffise pas à assurer la pérennité de son commerce.

Joëlle Dago-Serry, auto-entrepreneure, partage son ressenti sur la transformation des bureaux de tabac, qui étaient autrefois des lieux de vie. « J’allais chercher des cigarettes pour mes parents, et il y avait vraiment une vie au tabac. Aujourd’hui, j’ai du mal à trouver un buraliste », déplore-t-elle, constatant la disparition de ce tissu social qui autrefois animait ces commerces.

Ce constat soulève une question essentielle : comment accompagner les buralistes face à un marché en mutation, tout en préservant la santé publique ? Les propositions de Marine Le Pen visent à apporter des réponses à cette problématique, mais leur mise en œuvre sera déterminante pour l’avenir de ces commerces emblématiques.