Condamnation de Sahbi B. : le proxénète « Le Rat » et son réseau de dominatrices à Paris

Le 3 septembre 2026, le tribunal correctionnel de Paris a rendu son verdict dans l’affaire de Sahbi B., surnommé « Le Rat », un proxénète qui a piégé plusieurs dominatrices BDSM. Ce procès, qui a eu lieu sur trois jours, a mis en lumière les manipulations et l’emprise exercée par cet homme sur des femmes vulnérables. Malgré ses dénégations, le tribunal a estimé que les preuves présentées étaient accablantes.

EN BREF

  • Sahbi B. condamné à six ans de prison pour proxénétisme et manipulation de jeunes femmes.
  • Un réseau organisé de dominatrices BDSM avec des tarifs atteignant 900 euros par prestation.
  • Une victime a permis l’éclatement de l’affaire en contactant la police en mars 2024.

Le procès a révélé un système bien rodé, où Sahbi B. aurait recruté des jeunes femmes en leur promettant des revenus conséquents. Les prestations de dominatrices étaient vendues à des clients fortunés à des tarifs élevés, illustrant l’aspect commercial de son activité criminelle. Ce dernier a été condamné à six ans de prison, accompagné d’une amende de 50 000 euros et d’une interdiction de contact avec ses victimes.

Les témoignages des plaignantes ont décrit un climat d’intimidation et de contrôle. Certaines d’entre elles ont déclaré avoir été contraintes de rester dans les logements où elles exerçaient, une situation qui rappelle d’autres affaires similaires. Les écoutes et les enquêtes menées par la brigade de répression du proxénétisme ont permis de rassembler des preuves suffisantes pour établir la culpabilité de Sahbi B.

En parallèle, le tribunal a également condamné le frère de Sahbi B., qui jouait un rôle de « médiateur » dans le réseau. Ce dernier a écopé de trois ans de prison, dont deux avec sursis, et devra également s’acquitter d’une amende de 20 000 euros. Cette situation met en lumière le fait que l’emprise ne se limite pas à un seul individu, mais s’étend souvent à un entourage complice.

Un élément clé de l’affaire a été la volonté d’une des victimes de sortir de cette situation. En mars 2024, elle a réussi à quitter le domicile où elle était retenue et a contacté la police, permettant ainsi le démantèlement de ce réseau. Cet acte courageux a marqué le début d’une enquête qui a révélé la nature complexe de ces mécanismes d’exploitation.

Le projet de « temple du BDSM » de 400 m², imaginé par Sahbi B. dans le 15e arrondissement de Paris, illustre l’ampleur de son entreprise. Avec un loyer de 5 000 euros mensuels, ce projet avait attiré l’attention de clients riches, mais il a finalement échoué face à l’arrestation de son créateur. Gad T., un client qui avait contribué au financement, a également été condamné pour mise à disposition d’un local destiné à la prostitution.

Cette affaire, bien qu’elle fasse partie des sombres réalités du proxénétisme à Paris, rappelle l’importance de la vigilance et de l’écoute des victimes. Le verdict prononcé par le tribunal souligne que la justice peut parfois mettre du temps à se manifester, mais elle finit par triompher sur l’emprise et l’exploitation.

Dans un contexte où la lutte contre le proxénétisme est cruciale, ce procès devrait inciter à une réflexion sur les mécanismes de contrôle et d’exploitation qui touchent de nombreuses femmes. Il est essentiel de continuer à sensibiliser et à soutenir les victimes, afin qu’elles puissent faire entendre leur voix et se libérer de l’emprise de leurs bourreaux.