La situation des droits humains en Iran suscite une vive inquiétude. Un rapport publié par Human Rights Watch et le Boroumand Center, le 10 septembre 2026, révèle qu’entre mars et août de cette année, 29 manifestants ont été exécutés de manière illégale, ce qui représente une hausse alarmante des exécutions arbitraires. Bahar Saba, membre de l’ONG et co-auteure de l’enquête, souligne que cela équivaut à un décès par semaine, une réalité tragique pour ce pays en proie à des troubles sociaux.
EN BREF
- 29 manifestants exécutés illégalement en Iran entre mars et août 2026.
- Bahar Saba alerte sur des procès simulacres et des exécutions publiques.
- Les accusations sont souvent vagues, sans lien direct avec des crimes graves.
Ce rapport met en lumière non seulement l’usage croissant de la peine de mort, qui est légale en Iran, mais aussi le caractère arbitraire des arrestations. Les autorités semblent intensifier leur répression contre les manifestations, utilisant des méthodes brutales, allant des tirs à balles réelles jusqu’aux exécutions publiques. Bahar Saba dénonce la situation : « Le message des autorités est clair : les manifestations sont réprimées avec brutalité. »
La montée en flèche des exécutions peut être attribuée à la fragilisation du régime iranien, exacerbée par les tensions internationales, notamment après l’attaque des États-Unis et la montée des manifestations au début de l’année. Dans 16 des 29 cas documentés, les accusations ne concernaient pas des crimes comme le meurtre, mais des actes tels que briser une vitre de bus de police ou posséder des cocktails Molotov.
Plus inquiétant encore, de nombreuses condamnations sont fondées sur des accusations vagues d’« actions opérationnelles en faveur d’Israël et des États-Unis ». Cette situation a été facilitée par l’adoption, en 2025, d’une loi d’espionnage qui élargit le champ des comportements passibles de sanctions, tout en raccourcissant les délais de procédure. Au moins huit personnes ont été condamnées en vertu de cette loi, révélant ainsi un cadre légal de plus en plus répressif.
Les victimes de ces exécutions sont souvent de jeunes hommes, parfois même des adolescents, qui n’ont fait que s’exprimer pacifiquement. Des exemples frappants incluent Saleh Mohammadi, âgé de 19 ans, un champion de lutte exécuté cinq semaines après son arrestation. Sasan Azadvar Jonaqani, 21 ans, champion de karaté, et Amir Hossein Hatami, 18 ans, ont également été exécutés dans des délais très courts après leur arrestation. Bien que plusieurs femmes aient été condamnées à mort, aucune n’a encore été exécutée.
Le rapport évoque également des violations flagrantes des droits à un procès équitable, incluant des refus d’accès à une défense indépendante et des recours à la torture. Ces pratiques vont à l’encontre des normes internationales et pourraient exposer l’Iran à des sanctions de la part de la communauté internationale.
Human Rights Watch et le Boroumand Center appellent les États membres des Nations unies à agir rapidement pour mettre fin à ces exécutions et établir un moratoire sur la peine de mort. Ils suggèrent également d’exercer la compétence universelle pour poursuivre les auteurs de crimes internationaux. Actuellement, aucune action n’a été entreprise par les membres de l’ONU, malgré l’urgence de la situation. Amnesty International estime que 60 personnes, y compris des enfants, risquent d’être exécutées, tandis qu’une autre organisation indique que plus de 70 manifestants sont emprisonnés et menacés dans la prison d’Ispahan.
La publication des noms de plus de 60 personnes condamnées à mort par le Volunteer Committee souligne l’ampleur de la répression actuelle. Le temps est compté pour ces manifestants et la communauté internationale doit réagir face à cette crise des droits humains en Iran.