Rachida Dati, ancienne ministre de la Culture et maire du VIIe arrondissement de Paris, se prépare à faire son retour dans la magistrature. Après plusieurs années d’éloignement des tribunaux, elle a demandé sa réintégration, alors qu’elle doit faire face à un procès pour corruption et trafic d’influence prévu du 16 au 28 septembre. Cette situation soulève des interrogations quant à son avenir judiciaire et à la pertinence de sa demande de réintégration, qui sera examinée par le Conseil supérieur de la magistrature (CSM).
EN BREF
- Rachida Dati demande sa réintégration dans la magistrature avant un procès en septembre.
- Le CSM étudiera son dossier, soulevant des questions sur sa compatibilité avec ses fonctions.
- Sa rémunération potentielle pourrait atteindre jusqu’à 8000 € par mois, sans compter son mandat de maire.
La réintégration de Rachida Dati dans le corps des magistrats est prévue pour être examinée par le CSM, mais pas avant la fin du mois de septembre ou début octobre, soit après son procès. Ce dernier concerne des accusations de corruption et de trafic d’influence liés à l’affaire Carlos Ghosn, qu’elle conteste. Entre 2009 et 2013, Dati aurait perçu 900 000 euros d’une filiale de Renault-Nissan, dans le cadre d’une convention de rémunération forfaitaire.
Le calendrier de cette réintégration a été critiqué par l’Union syndicale des magistrats, qui s’interroge sur le moment choisi pour soumettre ce dossier. Le CSM devra évaluer si son profil est adéquat pour les fonctions envisagées, qui devraient la placer en dehors d’une juridiction classique. Selon des sources judiciaires, elle pourrait intégrer la Délégation des affaires européennes et internationales du Secrétariat général du ministère de la Justice comme chargée de mission.
En plus de la fonction elle-même, c’est surtout la question de la rémunération qui fait débat. En effet, un emploi à plein temps de premier substitut à la chancellerie pourrait rapporter entre 7000 et 8000 euros par mois, primes incluses. Cette somme pourrait se cumuler avec son salaire en tant que maire. Dati pourrait donc se retrouver avec des revenus considérables, ce qui soulève des questions sur la possibilité de cumuler deux pleins temps : à la mairie et à la chancellerie.
Un magistrat a exprimé son étonnement face à cette demande de réintégration, en se demandant pourquoi une telle démarche est envisagée à un moment où son avenir judiciaire est en jeu. Au-delà du salaire, cette réintégration pourrait également avoir des implications significatives sur ses droits à la retraite. En effet, des revenus plus élevés pourraient se traduire par une pension plus conséquente. Cette perspective semble également destinée à marquer les esprits des magistrats chargés de la juger.
La situation de Rachida Dati soulève donc des questions éthiques et pratiques. Alors qu’elle s’apprête à se défendre devant la justice, son retour potentiel dans la magistrature pourrait être perçu comme une tentative de solidifier sa position et d’influencer le processus judiciaire la concernant. Ce dossier continuera d’être suivi de près, tant par les médias que par le public.