Des joueuses de rugby quittent leur club après des vidéos diffusées sans leur consentement

Le Sporting Club Salonnais, basé à Salon-de-Provence, fait face à une crise sans précédent. Des joueuses de rugby, qui ont porté le maillot du club pendant des années, ont décidé de quitter leurs couleurs à la suite d’une affaire troublante. En février dernier, elles ont découvert qu’une vidéo les montrant nues sous la douche circulait, apparemment filmée à leur insu par des membres de l’équipe masculine.

EN BREF

  • Des joueuses de rugby du Sporting Club Salonnais quittent le club après des vidéos compromettantes.
  • Une enquête a été ouverte, mais les victimes dénoncent un silence institutionnel.
  • Le club a annoncé la fermeture de sa section féminine pour la saison 2026-2027.

La découverte de ces images a provoqué un choc immense au sein de l’équipe. Les joueuses, déjà confrontées à un environnement sportif parfois hostile, ont d’abord pensé que le club prendrait des mesures rapides. Malheureusement, les semaines se sont écoulées sans réaction. Certaines ont même reçu des recommandations pour ne pas porter plainte, renforçant le sentiment d’abandon.

Sept mois après la révélation de cette affaire, l’absence de réponse a poussé les joueuses à une décision radicale : quitter le club ensemble. Cette action collective a eu des conséquences immédiates, entraînant la fermeture de la section féminine pour la saison à venir. Ce départ massif souligne la gravité de l’inaction des instances dirigeantes, qui n’ont pas réussi à protéger leurs membres.

Une des joueuses, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a partagé sa désillusion : « On n’a pas le droit de jouer notre passion là où on habite parce que c’est trop risqué. Ce n’est pas juste, c’est triste. » Ces mots illustrent le désastre humain et sportif que cette situation engendre, remettant en question la sécurité et le bien-être des athlètes dans le milieu sportif.

Face à cette crise, une enquête a été ouverte fin mars par le procureur de la République pour identifier les auteurs des vidéos. Le collectif « Salon Féministe » a également apporté son soutien aux joueuses, dénonçant le silence du club. Anne Manuceau, membre du collectif, a affirmé : « Le club n’a pas eu un mot pour les filles, rien ! Mais on ne va pas s’arrêter là. » Cette détermination témoigne de la volonté des victimes de ne pas rester passives face à cette situation.

En réponse à cette défection massive, le Sporting Club Salonnais a publié une déclaration, exprimant son « soutien inconditionnel aux joueuses » et sa volonté de vérité. Le club a également mentionné la possibilité de se constituer partie civile si les responsables de la diffusion des vidéos sont identifiés. Cependant, cette promesse de soutien arrive tardivement, et il reste à voir si elle suffira à regagner la confiance des joueuses.

Cette affaire met en lumière les enjeux liés à la protection des athlètes, notamment dans des situations d’abus ou d’intrusion dans leur vie privée. Les conséquences d’un silence prolongé sont lourdes, tant pour les victimes que pour la réputation du club. Alors que l’enquête se poursuit, la question demeure : ces femmes retrouveront-elles un jour l’envie de jouer après une telle trahison ?