Matthieu Delormeau, ancien chroniqueur de Touche pas à mon poste, dévoile dans son livre Addictions : il a suffi d’une fois… son parcours tragique vers la dépendance, amorcé par une rencontre fatidique avec deux médecins. Ce récit poignant met en lumière la fragilité psychologique qui peut mener à une spirale infernale d’addiction.
EN BREF
- Matthieu Delormeau raconte comment une rencontre avec deux médecins a déclenché son addiction.
- Sa dépendance a duré deux ans et demi, avec des effets dévastateurs sur sa vie quotidienne.
- Aujourd’hui, il se considère tiré d’affaire et souhaite partager son expérience pour sensibiliser.
Tout débute un soir de dépression, alors que Matthieu Delormeau, alors âgé de 47 ans, se retrouve seul chez lui. Dans un élan de désespoir, il s’inscrit sur un site de rencontres où il échange avec deux hommes se présentant comme médecins. L’un est urgentiste, l’autre anesthésiste, des professions qui lui inspirent confiance.
« Je ne vais pas chez n’importe qui quand même », se dit-il avant de les rejoindre. Cette confiance aveugle s’avérera être une erreur tragique. Une fois sur place, la soirée prend un tournant inattendu lorsque ses hôtes sortent de la cocaïne et du GHB. Matthieu, ignorant les effets de ces substances, se laisse convaincre. « Pour moi, le GHB, c’était la drogue du violeur. Je ne savais pas ce que c’était, mais encore une fois, ce sont des médecins, je ne me méfie pas du tout », confie-t-il.
La nuit qui suit sera marquée par un soulagement chimique. « Et là, c’est magique, je n’ai plus d’anxiété, je n’ai plus rien », raconte-t-il. Ce moment de bien-être ne sera que de courte durée, car le lendemain, la descente est brutale. Les pensées sombres refont surface, tout comme la culpabilité.
Suivant les conseils de ses hôtes, il commence à consommer à nouveau. « Vers 8-9 heures, un petit trait de cocaïne, un petit peu de GHB », explique-t-il. C’est le début d’une spirale descendante, où l’addiction se développe insidieusement. En quelques mois, sa consommation atteint des niveaux alarmants : il passe de 1 gramme par jour à 4 grammes, entraînant des dépenses mensuelles de 5 000 à 6 000 euros.
Cette dépendance l’amène à vivre dans l’isolement, ne sortant de chez lui que quatre fois en deux ans et demi. Pour ses besoins quotidiens, il préfère tout faire livrer, y compris des médicaments. Un exemple frappant de sa descente aux enfers : il paye un taxi moto 80 euros pour une boîte de paracétamol coûtant 2 euros, soit 162 euros pour un simple aller-retour.
Ses révélations soulignent l’ampleur du repli sur soi. Sous l’emprise des drogues, Matthieu Delormeau se décrit comme « fou », « colérique », « schizophrène », et « très nerveux ». Il devient une ombre de lui-même, prisonnier d’un cycle destructeur.
Sa situation aurait pu se poursuivre sans fin si des amis et des proches ne l’avaient pas intervenu. Aujourd’hui, il se dit « tiré d’affaire » et souhaite sensibiliser sur les dangers des addictions. Il rappelle que des histoires similaires peuvent commencer par une rencontre apparemment inoffensive.
Matthieu Delormeau conclut qu’il n’a « jamais été aussi heureux » qu’à présent, après avoir surmonté cette épreuve. Son témoignage résonne comme un appel à la vigilance face à des situations trompeuses qui peuvent conduire à des conséquences dévastatrices. Combien d’autres parcours tragiques, comme le sien, commencent-ils par une poignée de mains et un sourire amical ?