Géraldine Nakache : le parcours poignant derrière son film sur les violences psychologiques

Dans une récente interview, Géraldine Nakache a partagé son expérience bouleversante lors de la création de son dernier film, Si tu penses bien. Après cinq années consacrées à écrire sur un sujet aussi délicat que les violences psychologiques et l’emprise conjugale, la réalisatrice a avoué avoir envisagé d’abandonner plusieurs fois. Les défis de financement et le doute quant à sa légitimité l’ont poussée au bord du découragement. Pourtant, une force inattendue l’a finalement retenue, transformant son approche et sa vision du projet.

EN BREF

  • Géraldine Nakache a lutté contre le découragement durant la production de son film.
  • Elle explore les violences psychologiques à travers des témoignages poignants.
  • Le film met en lumière la mécanique insidieuse de l’emprise conjugale.

Avec Si tu penses bien, la cinéaste change de registre par rapport à son précédent film, Tout ce qui brille. Elle aborde des thèmes profonds et sensibles, incarnés par Monia Chokri et Niels Schneider, qui jouent un couple où la religion devient un instrument de contrôle. Ce choix narratif s’appuie sur des expériences personnelles, car Géraldine Nakache a été témoin de violences conjugales dans son entourage. Cette proximité l’a poussée à s’interroger sur le rôle des témoins silencieux, souvent hésitants à agir.

Dans son entretien, la réalisatrice souligne l’importance de montrer ce qui se cache derrière les portes closes, loin des regards indiscrets. Elle ne souhaite pas se positionner en donneuse de leçons, mais plutôt offrir une réflexion sur un sujet délicat. « Il y a eu des moments où j’ai voulu tout arrêter, par manque de financement, ou parce que je me disais que je n’y arriverais pas », confie-t-elle, révélant ainsi une vulnérabilité rare dans le monde du cinéma.

Ce qui a véritablement changé la donne pour Nakache, ce sont les témoignages qu’elle a recueillis au fil des années. « J’avais rencontré tellement de victimes, des femmes comme des hommes. Je ne pouvais pas les laisser tomber », explique-t-elle. Cette empathie et cette compréhension des réalités vécues par les victimes ont nourri son récit. Elle évoque la difficulté de prouver des violences qui ne laissent pas toujours de traces visibles : « Quand tu n’as pas de trace sur le visage, comment vas-tu voir un flic ? »

Le film cherche à dépeindre cette mécanique insidieuse de l’emprise, en utilisant le judaïsme comme toile de fond. Bien que cela soit une réalité familière pour la réalisatrice, elle ne souhaite pas enfermer son propos dans une seule communauté. Le film illustre comment la religion peut à la fois être un outil d’emprise et un soutien essentiel pour la reconstruction.

Ce projet, qui a pu sembler fragile à ses débuts, s’est finalement révélé être un puissant moteur de création, soutenu par les histoires poignantes de nombreuses victimes rencontrées. Ces récits, parfois dérangeants, ont enrichi la vision de Nakache, l’amenant à s’interroger sur les dynamiques familiales et les secrets souvent bien gardés.

Cinq années de doutes et de témoignages ont abouti à un film qui refuse de passer sous silence ces réalités. Géraldine Nakache ne cherche pas à brandir un étendard, mais souhaite simplement raconter des histoires qui, trop souvent, ne se voient pas. Elle laisse derrière elle une question essentielle : combien de témoins restent encore silencieux, attendant le moment propice pour s’exprimer ?