Des stations-service en Corse ont décidé de fermer leurs portes ce week-end pour dénoncer ce qu’elles qualifient de « distorsion de concurrence » avec les stations Total. Ces fermetures surviennent alors que les prix des carburants chez Total sont plafonnés à 1,99 € le litre, créant une situation difficile pour les autres distributeurs, Vito et ENI.
EN BREF
- Des stations-service en Corse ferment pour protester contre la concurrence de Total.
- Les prix chez Total, plafonnés à 1,99 €, désavantagent les autres distributeurs.
- Les pompistes craignent la disparition de leurs stations face à cette situation.
Ce week-end, près d’Ajaccio, une quinzaine de stations-service ont pris la décision de fermer leurs portes, laissant de nombreux automobilistes dans le besoin. La situation est particulièrement complexe en Corse, où seuls trois distributeurs de carburants existent : Total, Vito et ENI. Les deux derniers, ne pouvant pas rivaliser avec le géant pétrolier, se sentent acculés.
Un courrier a été envoyé au préfet la semaine dernière, alertant sur l’urgence de la situation concernant les 90 détaillants en carburant de l’île. Les pompistes insistent sur le fait qu’un monopole ne doit pas se créer, craignant pour l’avenir de leurs stations.
Avec la fermeture des stations hors Total, la situation pour les automobilistes est devenue critique. Les stations Total, bien que ouvertes, sont prises d’assaut, et les clients se plaignent de ne pas pouvoir se ravitailler. Un automobiliste a exprimé sa frustration : « On a fait deux autres stations, mais il n’y a de l’essence nulle part. Je repars quasiment à vide et je ne sais pas comment je vais faire pour retourner sur Ajaccio. »
Les prix des carburants, fixés à 1,99 € pour le SP-95 et 2,25 € pour le diesel chez Total, exacerbent le problème pour les autres distributeurs. Serge Antoniotti, un pompiste, souligne que malgré des efforts, il est impossible pour Vito et ENI de s’aligner sur ces tarifs. « Actuellement, on est à 30 centimes d’écart à l’achat. Chaque jour d’exploitation, ça me coûte entre 200 et 300 euros. Ça fait 5-6 mois que ça dure. On ne peut pas tenir. Plus je travaille, plus je m’enfonce », déclare-t-il, désespéré.
Serge Antoniotti appelle à une action de la part de Total, demandant que le raffineur vende le carburant à un prix qui permettrait aux stations de proposer des tarifs accessibles. « Que Total accepte de vendre le carburant à un prix qui permette à toute station d’appliquer un bouclier tarifaire », insiste-t-il.
Les inquiétudes des pompistes ne sont pas infondées. Si les blocages ont cessé ce lundi 14 septembre, les fermetures de stations-service pourraient se multiplier si aucune solution n’est trouvée. L’État a un rôle crucial à jouer pour garantir le respect de la concurrence et assurer l’avenir des détaillants en carburant sur l’île. La tension reste palpable alors que la situation continue d’évoluer.