À Nice, une enquête policière a révélé l’existence d’un réseau de prostitution organisé à partir de locations de courte durée, notamment via la plateforme Airbnb. Cette affaire, qui a commencé par le témoignage d’une adolescente de 16 ans, met en lumière un engrenage inquiétant impliquant des suspects particulièrement jeunes.
EN BREF
- Une adolescente de 16 ans a dénoncé un réseau de prostitution à Nice.
- Sept appartements Airbnb ont servi de lieux d’exploitation.
- Les suspects, âgés de 15 à 19 ans, ont été mis en examen pour des faits graves.
Tout a débuté en avril dernier lorsqu’une jeune fugueuse a révélé aux policiers qu’elle avait été contrainte de se prostituer dans un appartement. Ce témoignage a ouvert une enquête qui a rapidement pris de l’ampleur, mettant en lumière un réseau organisé ayant recours à des locations souvent utilisées par des familles en vacances.
Au fil de l’enquête, une seconde adolescente a corroboré les déclarations initiales, fournissant des informations sur trois individus, identifiés par le procureur de la République, Damien Martinelli, comme un organisateur et deux membres chargés de la sécurité. Cela a permis aux enquêteurs de cibler rapidement leurs investigations et de découvrir l’ampleur du réseau.
Selon les autorités judiciaires, pas moins de **sept appartements** loués sur Airbnb ont été identifiés comme ayant servi à la prostitution. Pour attirer des clients, des profils d’escort girls ont été créés sur le site Sexemodel, transformant ces lieux en véritables points de rendez-vous pour des activités illégales.
Les enquêteurs ont également mis en lumière des faits bien plus graves, tels que des **violences et des viols**. Un élément particulièrement troublant a émergé : la participation d’une jeune fille mineure dans l’organisation de la prostitution, aux côtés des principaux suspects. Cela a conduit à l’ouverture d’une **information judiciaire** pour traite des êtres humains, proxénétisme aggravé en bande organisée, et viol.
Ce qui choque le plus dans cette affaire, c’est l’âge des suspects. Le Service local de police judiciaire (SLPJ) de Nice a identifié quatre individus, nés entre 2007 et 2010, soit âgés de **15 à 19 ans** au moment des faits. Interpellés le 9 septembre, ils ont été placés en garde à vue avant d’être déférés deux jours plus tard.
Le 11 septembre, ces jeunes ont été mis en examen pour traite des êtres humains aggravée et proxénétisme aggravé. L’un d’eux, né en 2010, a reçu une mise en examen supplémentaire pour viol aggravé. Le juge des libertés et de la détention a suivi les réquisitions du parquet : les trois garçons, dont deux sont mineurs et un majeur, ont été placés en **détention provisoire**, tandis que la jeune fille mineure reste libre sous contrôle judiciaire.
Cette affaire soulève des questions profondes sur l’utilisation des plateformes de location à court terme. Elle rappelle à quel point ces espaces ne sont pas à l’abri de telles dérives. Le dossier est actuellement entre les mains de la justice, dont l’instruction devra établir les responsabilités de chacun des acteurs impliqués.
Il est légitime de s’interroger : combien d’autres appartements, loués pour un week-end, pourraient abriter des mécanismes similaires ailleurs en France ? Cette enquête met en lumière une problématique sociétale complexe qui mérite une attention particulière.