Audition d’Anne Hidalgo au Sénat : une ex-maire sous le poids des accusations

Ce mardi 15 septembre, l’ancienne maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, se retrouve face à la commission d’enquête du Sénat. Cette audition, qui s’inscrit dans le cadre d’une investigation sur les violences sexuelles dans le périscolaire, met en lumière des accusations graves à son encontre. En effet, plusieurs plaintes pénales ont été déposées visant directement l’ex-édile et ses proches collaborateurs, soulevant des questions sur la sécurité des enfants dans les structures périscolaires de la capitale.

EN BREF

  • Anne Hidalgo auditionnée au Sénat sur les violences sexuelles dans le périscolaire.
  • Trois familles portent plainte pour non-assistance et mise en danger d’enfants.
  • Une plainte collective ciblant la Ville et ses responsables a également été déposée.

La situation est d’autant plus préoccupante que ces plaintes, déposées fin août, ciblent non seulement Anne Hidalgo, mais aussi son ancien premier adjoint, Patrick Bloche, ainsi que l’actuel maire, Emmanuel Grégoire. Les familles plaignantes accusent l’ancienne maire de ne pas avoir pris les mesures nécessaires pour protéger leurs enfants, dont l’âge varie entre deux et quatre ans, malgré des alertes déjà émises concernant certains animateurs périscolaires.

Une autre plainte, portée par un collectif de familles sous l’égide de #MeTooEcole, vise à responsabiliser la Ville de Paris pour sa gestion des violences sexuelles dans les écoles et crèches. Ce collectif souligne que la Ville, ainsi qu’Anne Hidalgo et Emmanuel Grégoire, ont laissé perdurer un système défaillant, malgré un rapport de l’Inspection générale de la Ville de Paris datant de 2015, qui dénonçait déjà ces manquements.

Barka Zerouali, porte-parole de #MeTooEcole, a exprimé le sentiment d’exaspération des familles : « On ne veut plus considérer ces affaires comme des cas isolés, c’est un problème systémique. » La commission de la culture et de l’éducation du Sénat se penche sur la question des procédures mises en place par la Ville. Sa rapporteure, la sénatrice LR Agnès Evren, a déclaré que les dysfonctionnements observés à Paris se retrouvent à l’échelle nationale.

Les chiffres sont révélateurs : rien que pour l’année 2026, la Ville de Paris a suspendu 132 animateurs, dont 52 pour des suspicions de violences sexuelles ou sexistes. En parallèle, le parquet de Paris annonce plus de 200 enquêtes en cours liées à des agressions dans les écoles et crèches. En réponse à cette situation alarmante, Emmanuel Grégoire a lancé, en avril, un plan de 20 millions d’euros pour renforcer la prévention des violences.

Anne Hidalgo, quant à elle, a reconnu sur France Inter la gravité de la situation : « Savoir que malgré tous les processus en place, des prédateurs ont pu passer entre les mailles du filet et agresser sexuellement des enfants, c’est une douleur immense. » Toutefois, sur le plan judiciaire, l’ex-maire demeure présumée innocente. Les plaintes ont ouvert des investigations, mais aucune mise en examen n’a été prononcée à ce jour.

Les conséquences de ces accusations sont lourdes. En théorie, la non-assistance à personne en danger est sévèrement sanctionnée, pouvant aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement. De même, la mise en danger délibérée de la vie d’autrui est punie de peines similaires. Pour qu’Anne Hidalgo soit condamnée, il serait nécessaire de prouver qu’elle avait connaissance de faits spécifiques et qu’elle a choisi de ne pas agir. Ce qui reste à confirmer au cas par cas.

Sur le plan politique, cette affaire fragilise considérablement l’héritage d’Anne Hidalgo à l’Hôtel de Ville, déjà sous le feu des critiques depuis son départ en mars 2026. Elle a reconnu devant les sénateurs que « nos institutions ont failli et c’est une responsabilité collective ». Des élus de droite, ainsi que certains de La France Insoumise, ont saisi le parquet de Paris, tandis qu’une mission d’information du Conseil de Paris doit également entendre l’ancienne maire, signe que le dossier ne fait que commencer.

Il est clair que cette affaire soulève des enjeux cruciaux pour la sécurité des enfants et la responsabilité des institutions. La suite des événements sera à suivre de près, tant sur le plan judiciaire que politique.