Condamnation d’un policier de la Brav-M : un signal fort pour la liberté de la presse

Dans le cadre d’un procès qui souligne les tensions croissantes entre la police et les journalistes, un policier de la brigade de répression de l’action violente motorisée (BRAV-M) a été condamné à six mois de prison avec sursis, suite à des violences commises sur Pierre Tremblay, reporter pour Le HuffPost. Cette décision, rendue ce mardi 15 septembre par le tribunal judiciaire de Paris, revêt une importance particulière pour la profession et pour la liberté de la presse en France.

EN BREF

  • Un policier de la BRAV-M condamné à 6 mois de prison avec sursis pour des violences sur un journaliste.
  • La décision est considérée comme un signal fort pour la protection des journalistes en France.
  • Le policier a 10 jours pour faire appel, mais n’était pas présent lors du verdict.

Les faits remontent à juillet 2023, lors d’une manifestation à Paris en hommage à Adama Traoré, décédé en 2016. Pierre Tremblay, en pleine couverture de l’événement, a été agressé par le policier, entraînant une entorse au poignet et une incapacité de travail. D’autres journalistes présents ont également signalé un usage excessif de la force par les membres de la BRAV-M.

« J’avais le sentiment d’être ciblé en tant que journaliste », a déclaré Pierre Tremblay, soulignant les difficultés croissantes pour les reporters de couvrir des manifestations en toute sécurité. Avec plus de dix ans d’expérience, il a constaté une détérioration des relations entre la police et la presse, exacerbée par les méthodes controversées de la BRAV-M, qui a été mise en place suite aux mouvements des gilets jaunes.

Suite à cette agression, Pierre Tremblay a déposé plainte auprès de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), soutenu par sa rédaction et Reporters sans frontières. « Il est impératif que cette procédure judiciaire reconnaisse cette agression inacceptable envers moi-même et la liberté de la presse dans ce pays », a-t-il insisté.

Le procès, qui s’est tenu après trois ans de procédures, était très attendu, tant pour mettre en lumière les violences subies par les journalistes que pour entendre la défense du policier. Malheureusement, cette dernière a manqué de crédibilité, et le déni du policier a renforcé les inquiétudes quant aux pratiques de maintien de l’ordre en France.

Le verdict du 15 septembre a été accueilli avec soulagement par Pierre Tremblay, qui a déclaré : « Condamner un policier à six mois de prison avec sursis est un acte fort. Cela confirme un cas de violence commise par un membre de la BRAV-M et réaffirme notre droit, en tant que journalistes, d’exercer notre métier librement et en toute sécurité dans les manifestations en France. »

Me Stéphane Maugendre, l’avocat de Pierre Tremblay, a également salué cette décision, soulignant sa rareté et son importance. Il considère qu’elle envoie un message fort aux journalistes et aux forces de l’ordre sur le respect de la liberté de la presse. L’absence de médiatisation de ce procès, selon lui, a permis de garantir la sérénité des débats, augmentant ainsi l’impact de la décision.

Le policier de la BRAV-M dispose désormais de dix jours pour faire appel de cette décision. Ni lui ni son avocat n’étaient présents pour entendre le jugement, laissant planer un certain mystère sur la suite des événements. Dans un contexte où les violences à l’encontre des journalistes se multiplient, cette condamnation pourrait bien être une première étape vers une meilleure protection des professionnels de l’information.