Le procès pour l’assassinat de Federico Martin Aramburu a pris une tournure poignante ce mardi 15 septembre. Shaun Hegarty, ami et ancien coéquipier de la victime, a livré un témoignage bouleversant devant la cour d’assises de Paris. Il a évoqué les derniers instants de son ami, abattu le 19 mars 2022, par Loïk Le Priol, un ancien militaire, dans un contexte de violence et d’alcool.
EN BREF
- Shaun Hegarty témoigne sur la mort de son ami Aramburu au procès de Loïk Le Priol.
- Le Priol et Romain Bouvier encourent la perpétuité pour l’assassinat et la tentative d’assassinat.
- Hegarty souligne la dangerosité des deux accusés et leur manque de responsabilité.
Dans son récit, Hegarty a exprimé son « intime conviction » selon laquelle Le Priol avait tiré « pour en terminer » avec Aramburu, sans aucune intention de défendre sa vie. Il a regretté le manque d’humanité de la part des accusés, espérant qu’ils puissent un jour reconnaître l’horreur de leurs actes. « J’avais toujours l’espoir que les accusés puissent reconnaître qu’ils ont fait n’importe quoi », a-t-il déclaré.
Les faits se sont déroulés après une altercation dans une brasserie parisienne, où Hegarty a décrit une escalade de tensions. « La bagarre a été assez dure mais courte », a-t-il précisé, rappelant que son ami avait tenté de calmer la situation. Cependant, la confrontation a pris une tournure tragique lorsque Le Priol et Bouvier, armés, ont décidé de poursuivre Aramburu et Hegarty après leur départ.
Les deux hommes, membres d’un groupe d’ultradroite avec un lourd passé de violence, affirment avoir agi par légitime défense. Pourtant, Hegarty conteste cette version : « Ils nous cherchaient », affirme-t-il, remettant en question l’innocence des accusés.
Le moment clé du procès réside dans le débat sur la préméditation. Hegarty raconte que, après une pause pour se soigner, Le Priol et Bouvier les ont suivis dans une Jeep, où une voix masculine aurait crié : « les voilà ! ». Ce détail pourrait avoir un impact significatif sur le verdict.
Après avoir tiré sur Aramburu, Hegarty a décrit un état de dissociation, incapable de comprendre la gravité de la situation. Il se souvient avoir vu son ami s’effondrer après avoir été touché. « Quand je m’approche, il me dit : “Shaun, appelle la police, je vais mourir” », a-t-il confié, soulignant le désespoir de son ami à ce moment tragique.
Le témoignage de Hegarty témoigne non seulement de la douleur de la perte, mais aussi de la nécessité de justice. « Je crois qu’ils doivent rester en prison le plus longtemps possible », conclut-il en évoquant la dangerosité persistante des accusés.
Le procès se poursuivra, avec la décision finale prévue le 25 septembre. Les familles des victimes et la société attendent un verdict qui pourrait faire bouger les lignes sur la violence et la responsabilité. Ce témoignage poignant de Shaun Hegarty restera gravé dans les mémoires, à l’image des enjeux cruciaux de cette affaire.