Le chanteur marocain Saad Lamjarred, icône de la musique dans le monde arabe, se retrouve à nouveau face à la justice. Ce jeudi 15 septembre, il comparaît devant la cour d’assises de Créteil, six ans après une première condamnation qui avait déjà marqué les esprits. Les enjeux de ce nouveau procès, qui se déroulera jusqu’au 25 septembre, pourraient avoir des conséquences déterminantes sur son avenir judiciaire.
EN BREF
- Saad Lamjarred est en appel pour un viol commis en 2016.
- Il a déjà été condamné à six ans de prison en 2023.
- Le verdict est attendu le 25 septembre, après une décennie de rebondissements.
Ce procès en appel fait suite à la condamnation de l’artiste en 2023 à six ans de prison pour viol et violences aggravées sur Laura P., une jeune femme qu’il avait rencontrée dans une boîte de nuit à Paris. Lamjarred, âgé de 41 ans, continue de clamer son innocence, allant jusqu’à admettre avoir « brutalement poussé au visage » la plaignante, alors âgée de 20 ans. Ce nouvel acte judiciaire a été reporté, initialement prévu en juin 2025, pour permettre des investigations supplémentaires.
Le contexte de ce procès n’est pas sans rappeler d’autres affaires médiatisées, où des personnalités publiques sont confrontées à des accusations graves. D’après Me David Chemmi, avocat de Laura P., le dossier présente des éléments solides qui pourraient mener à une nouvelle condamnation : « Il y a vraiment dans le dossier tous les éléments qui montrent que les faits se sont véritablement produits », a-t-il déclaré.
Le parcours judiciaire de Laura P. est décrit par son avocat comme un véritable calvaire, une épreuve qui dure depuis dix ans et qui a profondément affecté sa vie. « C’est un procès qui l’a complètement anéantie », a-t-il ajouté, soulignant la complexité émotionnelle de cette situation. Les débats se tiendront probablement à huis clos, garantissant ainsi la sérénité des échanges, selon Me Victorien De Faria, également avocat de la victime.
Pour Saad Lamjarred, qui comparaît libre sous contrôle judiciaire, ce procès est une nouvelle étape dans une longue série de procédures judiciaires. En mai dernier, il avait été condamné à cinq ans de prison pour le viol d’une jeune femme près de Saint-Tropez, une décision qu’il a également contestée en appel. Sa carrière artistique, malgré ces accusations, demeure florissante. Lamjarred compte plus de 15 millions d’abonnés sur Instagram et près de 16 millions sur sa chaîne YouTube, ce qui soulève des questions sur la façon dont la notoriété peut interagir avec la justice.
Les affaires judiciaires de Saad Lamjarred ne se limitent pas à la France. En 2015, il a été mis en cause au Maroc, et en 2010, une procédure pour viol et agression sexuelle aux États-Unis avait été classée après un arrangement financier avec la victime. Cette accumulation de cas soulève des interrogations sur la responsabilité des personnalités publiques au regard de la loi.
Aujourd’hui, avec ce troisième procès qui s’ouvre, le feuilleton judiciaire de Saad Lamjarred continue d’alimenter les débats. La lenteur des procédures judiciaires, souvent critiquée, est mise en lumière, tout comme le poids de la célébrité face aux accusations. Le verdict attendu le 25 septembre pourrait bien marquer un tournant dans cette affaire qui dure depuis une décennie. Les yeux du monde de la musique et du public sont rivés sur cette cour d’assises, espérant un dénouement qui pourrait enfin apporter justice.