Le 16 septembre 2026, Carlos Ghosn, ancien PDG de Renault, se retrouve au cœur d’un procès à Paris, jugé pour corruption et trafic d’influence. Cependant, il ne sera pas présent dans le tribunal, ayant fui au Liban depuis 2019. Dans ce contexte, l’homme d’affaires a su se réinventer en devenant un influenceur sur les réseaux sociaux, partageant ses conseils en leadership et en stratégie.
EN BREF
- Carlos Ghosn est jugé à Paris pour corruption mais est absent, vivant au Liban.
- Il a acquis une notoriété sur les réseaux sociaux, partageant des conseils d’affaires.
- L’ancien PDG a proposé de témoigner par visioconférence, demande rejetée par le tribunal.
La transformation de Carlos Ghosn, autrefois perçu comme un dirigeant d’entreprise redoutable, en un influenceur des affaires est un phénomène fascinant. À 72 ans, il a su tirer profit des réseaux sociaux pour maintenir une présence publique, tout en étant sous le coup d’accusations graves. Son évasion spectaculaire du Japon, où il était sous le coup de poursuites judiciaires, a fait les gros titres, mais aujourd’hui, c’est son nouveau statut qui retient l’attention.
Au Liban, Ghosn a accumulé plus de 245 000 abonnés sur Instagram et plus de 100 000 sur TikTok. Il y partage des phrases inspirantes et des conseils pratiques, rappelant l’importance de l’authenticité et de la résilience. Son contenu est souvent accompagné des hashtags tels que #motivation et #résilience, témoignant de sa volonté de s’adresser à un public en quête de conseils. À travers une newsletter intitulée La philosophie de Carlos, il propose des réflexions sur le leadership et la vie personnelle.
Cette nouvelle voie professionnelle ne se limite pas aux réseaux sociaux. Ghosn intervient également en visioconférence lors d’événements professionnels, où il partage sa vision du management et du leadership. Par exemple, lors du forum du Syndicat des entreprises du tour-operating (SETO), il a donné des conseils pour gérer une crise en entreprise, insistant sur la nécessité d’un diagnostic froid et factuel. Ses interventions sont réalisées sans rémunération, car il préfère que des dons soient faits à des œuvres caritatives, en particulier pour aider les enfants du Liban.
Par ailleurs, son engagement ne s’arrête pas là. Ghosn travaille également à des programmes de formation à l’Université Saint-Esprit de Kaslik, au Liban, où il dispense des cours sur la stratégie d’entreprise. Les frais d’inscription, pouvant atteindre jusqu’à 20 000 dollars, sont entièrement reversés à l’établissement. Il a même investi dans une exploitation viticole libanaise, témoignant de son désir de contribuer à l’économie locale.
Carlos Ghosn, qui possède la nationalité brésilienne, française et libanaise, vit dans une villa à Beyrouth. Cet environnement lui permet de se sentir en sécurité, d’autant plus que, comme il l’a lui-même exprimé, il est perçu comme une victime par beaucoup de Libanais. En revanche, la situation est bien différente en France, où la justice l’attend avec impatience.
Le procès de Carlos Ghosn s’étend jusqu’au 28 septembre 2026. Il est accusé d’avoir scellé un pacte de corruption avec Rachida Dati, ancienne garde des Sceaux, en échange de décisions favorables à Renault. Les deux protagonistes encourent jusqu’à dix ans de prison. Toutefois, Ghosn ne peut quitter le Liban en raison d’une notice rouge émise par Interpol. Son avocat a insisté sur le fait qu’il ne choisit pas de ne pas comparaître, mais qu’il est juridiquement impossible pour lui de quitter le pays.
Dans une lettre adressée au tribunal, Ghosn a exprimé sa volonté de témoigner par visioconférence depuis Beyrouth, affirmant qu’il souhaite s’expliquer sur des faits qu’il conteste. Malheureusement pour lui, le tribunal a refusé cette demande, rappelant que les visioconférences ne sont possibles que pour des témoins, des parties civiles ou des experts. Ainsi, l’ancien dirigeant sera jugé par défaut, une situation qui soulève des questions sur l’équité du procès et la possibilité pour Ghosn de défendre sa cause.
La vie actuelle de Carlos Ghosn, oscillant entre son rôle d’influenceur et ses démêlés judiciaires, illustre parfaitement la complexité de sa situation. Alors qu’il continue d’inspirer de nombreux jeunes au Liban, il doit également naviguer dans un système judiciaire qui l’attend toujours en France.