Précarité de la mobilité en France : 37 % des adultes renoncent à se déplacer pour des raisons financières

Une étude récente révèle que de plus en plus de Français rencontrent des difficultés pour se déplacer, en raison de la précarité économique ou de l’isolement géographique. Ce constat préoccupant émane d’une enquête publiée jeudi par l’association Wimoov, qui affirme qu’en 2026, 17 millions de Français de plus de 18 ans sont en situation de « précarité mobilité ». Cela représente 37 % de la population adulte, une hausse significative par rapport aux 15 millions recensés dans le baromètre précédent de 2024 et aux 13,3 millions en 2022.

EN BREF

  • 37 % des adultes français font face à des difficultés de mobilité.
  • 10 % ont renoncé à un emploi ou à une formation à cause du coût des transports.
  • Les jeunes sont particulièrement impactés, avec 62 % limitant leurs déplacements.

Les personnes en situation de « précarité mobilité » manquent de liberté pour se déplacer selon leurs besoins. L’enquête, réalisée par Ipsos BVA auprès de 13 400 individus répartis dans treize régions métropolitaines et en Corse, souligne que la mobilité est devenue un facteur aggravant des inégalités socio-économiques et territoriales. Wimoov précise que « les difficultés de mobilité ne sont plus seulement la conséquence de la fragilité économique des ménages, elles en deviennent également une cause directe ». Une affirmation qui prend tout son sens dans le contexte actuel de hausse des prix.

En effet, de nombreux ménages modestes se voient contraints de faire des choix difficiles entre différents postes de dépense : mobilité, alimentation, énergie, chauffage ou santé. Cette situation les pousse parfois à renoncer à des besoins essentiels. Selon l’étude, 10 % des répondants ont dû abandonner un emploi ou une formation au cours des cinq dernières années à cause des difficultés de transport ou du coût prohibitif des déplacements. Ce chiffre est alarmant, atteignant 26 % chez les demandeurs d’emploi, 20 % pour les habitants des quartiers populaires et 22 % chez les jeunes.

Bien que les jeunes se disent satisfaits de leurs possibilités de mobilité (88 %), ils sont nombreux à avoir renoncé à des déplacements quotidiens. Près des trois quarts des 18-24 ans ont ainsi évité un déplacement dans les cinq dernières années, alors que la moyenne nationale est de 40 %. De plus, 36 % de cette tranche d’âge ne possède pas de permis de conduire, souvent pour des raisons financières, et 62 % évitent de se déplacer pour ne pas alourdir leur budget.

Le baromètre Wimoov, qui est publié tous les deux ans, bénéficie du soutien de plusieurs acteurs majeurs : le ministère des Transports, l’Agence de la transition écologique (Ademe), la SNCF, Keolis, la Macif et la fondation Mobivia. Cette étude met en lumière un enjeu crucial qui mérite une attention particulière, tant pour les politiques publiques que pour les initiatives privées visant à améliorer la mobilité des Français.

En définitive, la question de la mobilité ne peut plus être ignorée. Les conséquences économiques et sociales de cette précarité sont tangibles et touchent une part significative de la population. Les acteurs concernés doivent agir pour garantir à tous le droit de se déplacer librement et de manière accessible.