Ce dimanche 13 septembre, Marine Le Pen a marqué sa rentrée politique dans son fief d’Hénin-Beaumont, dans le Pas-de-Calais. Pour son premier grand discours depuis que la justice lui a ouvert la voie vers l’Élysée, la cheffe du Rassemblement national (RN) a mis l’accent sur la question du logement, tout en revenant aux fondamentaux de son parti.
EN BREF
- Marine Le Pen évoque la priorité nationale dans le domaine du logement.
- Elle propose des mesures concrètes pour améliorer la situation du logement en France.
- Son discours évite les polémiques récentes et met en avant son alliance avec Jordan Bardella.
Entourée de ses partisans, dont le président du RN Jordan Bardella, Marine Le Pen a choisi un discours technique, se concentrant sur des propositions concrètes plutôt que sur des attaques contre ses concurrents. Alors qu’elle est créditée de près d’un tiers des intentions de vote, elle a souligné l’importance de la « priorité nationale », un concept qu’elle présente comme un droit pour les Français, leur garantissant plus de droits chez eux.
Le logement a été désigné comme un « sujet majeur » et l’un des grands chantiers de son programme si elle est élue lors des élections présidentielles des 18 avril et 2 mai prochains. Marine Le Pen a précisé que pour que la situation du logement « revienne à la normale en cinq ans », il est essentiel de « donner la priorité d’accès au logement social aux Français » et de réserver les aides personnelles au logement (APL) à ces derniers.
Elle a également exprimé son intention d’abroger la loi SRU, qui impose des quotas de logements sociaux aux communes, et de vendre un certain nombre de logements sociaux aux Français. De plus, l’expulsion des familles délinquantes de ces logements a été évoquée comme une mesure nécessaire.
Ces propositions s’inscrivent dans une logique politique similaire à celle de son rival, Bruno Retailleau, avec des promesses telles que la suppression de la « zéro artificialisation nette » (ZAN) et la réduction des contraintes liées aux diagnostics de performance énergétique (DPE). Marine Le Pen a cherché à donner une tonalité sociale à son discours, en énonçant que le pouvoir d’achat des Français est « en état d’urgence absolue ».
En insistant sur le logement, elle a évité de répondre aux polémiques qui ont entouré la rentrée du RN. Aucun mot n’a été prononcé sur des sujets sensibles tels que l’interdiction du voile ou la fin de l’aide à l’Ukraine. De même, les tensions avec Jordan Bardella, son numéro deux, n’ont pas été abordées, bien qu’elles soient palpables, notamment après son limogeage d’un conseiller économique et la décision d’inclure Marion Maréchal dans le dispositif de campagne.
Au lieu de cela, Marine Le Pen a commencé son discours en célébrant l’anniversaire de Jordan Bardella, qui fêtait ses 31 ans. Cependant, il a fallu attendre un certain temps avant qu’elle mentionne leur collaboration pour mener à bien son « projet de redressement » pour la France, une simple allusion au rôle central de Bardella dans la mise en œuvre de son programme en tant que futur Premier ministre.
À l’issue de ce meeting, les deux leaders du RN ont pris le temps d’échanger quelques selfies et poignées de main avec leurs partisans. Pendant ce temps, d’autres figures de l’extrême droite, comme Éric Zemmour et Sarah Knafo, faisaient entendre leurs ambitions lors des universités d’été de Reconquête, soulignant ainsi les rivalités au sein de ce paysage politique.
Bien que Zemmour n’ait pas confirmé sa candidature présidentielle, son annonce pourrait intervenir dans les prochaines semaines, alors que Marine Le Pen cherche à mesurer sa popularité au fil de sa tournée promotionnelle pour son livre, Le Casse du siècle, qui connaît un succès notable.