Depuis plusieurs décennies, la vaccination des enfants en Europe avait connu une nette progression. Cependant, une étude récente publiée dans le Lancet met en lumière une détérioration préoccupante des taux de vaccination infantile dans plusieurs pays européens, une tendance qui s’est accentuée depuis l’émergence de la pandémie de Covid-19.
EN BREF
- La vaccination des enfants en Europe a reculé depuis la pandémie de Covid-19.
- Seize pays de l’UE ont enregistré une baisse significative pour au moins quatre vaccins.
- Les experts soulignent l’urgence d’assurer une couverture vaccinale élevée pour éviter un retour des maladies infectieuses.
Cette étude, qui scrute les niveaux de sept vaccinations infantiles (telles que la diphtérie, le tétanos et la coqueluche, ainsi que la rougeole et la rubéole) dans les 27 pays membres de l’Union européenne, révèle un panorama complexe des tendances vaccinales. En effet, bien que l’Europe ait atteint des taux historiquement élevés de couverture vaccinale au cours des quarante dernières années, ces chiffres varient considérablement d’un pays à l’autre.
En 2024, des pays comme le Luxembourg et le Portugal affichent des taux de couverture supérieurs à 95 % pour les sept vaccinations analysées. À l’opposé, la Roumanie peine à atteindre les 80 %. Ce constat met en exergue les disparités au sein de l’Union européenne, où certaines nations sont en avance tandis que d’autres accusent un retard significatif.
Malheureusement, l’étude pointe également une baisse généralisée et alarmante des taux de vaccination dans plusieurs pays européens depuis le début de la pandémie. Seize pays de l’UE, dont la Bulgarie, Chypre, l’Irlande, les Pays-Bas, la Suède et la Roumanie, ont enregistré une diminution des taux de vaccination pour au moins quatre vaccins. Les données montrent que toutes les vaccinations étudiées ont chuté dans ces pays.
Les tendances observées en Allemagne et en Espagne révèlent également un repli pour cinq des sept vaccinations infantiles. En revanche, en France et en Italie, la couverture vaccinale a augmenté pour quatre vaccins, même si elle a diminué pour trois autres. Par ailleurs, les baisses les plus significatives ont été notées pour les vaccinations contre la méningite B et la poliomyélite, qui ont enregistré un recul dans 20 pays, suivies de près par celles contre l’hépatite B, en baisse dans 18 pays.
Les chercheurs soulignent que la majorité des baisses de couverture vaccinale ont démarré entre 2019 et 2022, une période coïncidant avec l’épidémie de Covid-19. Bien qu’ils notent que cette crise sanitaire a pu avoir un impact sur les vaccinations, ils précisent que leur étude ne vise pas à expliquer les raisons de ces évolutions. Ils insistent sur l’importance cruciale d’assurer une couverture vaccinale élevée et durable pour prévenir le retour de maladies infectieuses qui avaient été largement contrôlées.
Enfin, l’étude rappelle qu’au cours des cinquante dernières années, les vaccinations ont permis de réduire le fardeau de nombreuses maladies, telles que le tétanos, la coqueluche, la pneumonie, la rougeole, la grippe et la diphtérie, en évitant plus de 154 millions de décès dans le monde, principalement chez les enfants. La crise du Covid-19 a, quant à elle, entraîné des perturbations dans les systèmes de santé et alimenté la défiance envers les vaccins. Ainsi, face à ce tableau alarmant, il est impératif de redoubler d’efforts pour restaurer la confiance du public et garantir une immunisation optimale des jeunes générations.