Record des prix des carburants : le gouvernement annonce de nouvelles aides à l’approche d’octobre

Le prix du gazole a atteint un niveau historique en France ce vendredi, dépassant les 2,39 euros le litre, un record qui suscite une vive inquiétude parmi les automobilistes. Le gouvernement, sous l’impulsion du ministre de l’Économie Roland Lescure, a promis de maintenir ses aides pour les actifs au-delà du 30 septembre, mais sans préciser les modalités ni les montants à venir.

EN BREF

  • Le prix du gazole a franchi les 2,39 euros le litre, un niveau record.
  • Le gouvernement prévoit de prolonger ses aides aux actifs après le 30 septembre.
  • Des tensions sociales sont en cours, avec des blocages de dépôts pétroliers en Méditerranée.

Cette flambée des prix, attribuée en partie à la guerre en Iran, provoque des tensions croissantes. Des manifestations ont eu lieu, notamment des blocages de dépôts pétroliers par des pêcheurs, illustrant ainsi la colère croissante face à l’augmentation des coûts de la vie. Le ministre Lescure a reconnu que les Français éprouvaient de plus en plus de difficultés à faire le plein de leurs véhicules pour se rendre au travail.

En réponse à cette situation, plusieurs membres du gouvernement ont assuré que le dispositif d’aide destiné aux « gros rouleurs » ne prendra pas fin le 30 septembre. La porte-parole du gouvernement, Maud Brégeon, a annoncé sur France Inter que de nouveaux dispositifs d’aide sont en cours de réflexion pour soutenir les Français à partir du 1er octobre.

Actuellement, l’aide est d’un montant de 100 euros destinée aux actifs dont les revenus sont en dessous d’un certain seuil, et qui parcourent plus de 15 kilomètres par trajet pour se rendre au travail. Environ 1,5 million de personnes ont déjà bénéficié de ce dispositif, qui touche une population estimée à trois millions d’éligibles.

En parallèle, le gouvernement a prolongé jusqu’au 31 décembre les aides pour les secteurs économiques les plus touchés, notamment l’agriculture et le BTP. Pour les pêcheurs, l’aide pourrait atteindre jusqu’à 35 centimes par litre de carburant, en accord avec les régulations de l’Union européenne. Le ministre des Comptes publics, David Amiel, a évalué le coût total des aides aux carburants à 1,4 milliard d’euros depuis le début de la guerre.

Frappé par des tensions budgétaires croissantes, le gouvernement envisage des aides qui soient temporaires et ciblées, plutôt qu’une réduction générale des taxes ou un plafonnement des prix. L’exécutif souhaite ainsi éviter un creusement du déficit, qui pourrait atteindre 5,4 % du PIB en 2026, contre 5,1 % l’année précédente.

La question des aides suscite également des débats politiques. La France Insoumise (LFI) réclame un blocage des prix à 1,70 euro le litre, tandis que Marine Le Pen propose de réduire la TVA sur l’énergie de 20 % à 5,5 %. Par ailleurs, Bruno Retailleau, patron des Républicains, suggère de supprimer les certificats d’économies d’énergie, ce qui pourrait faire baisser le prix à la pompe de 15 à 17 centimes.

David Amiel a contesté l’idée selon laquelle la hausse des prix des carburants profiterait à l’État par le biais des taxes. Il a affirmé que, entre mars et septembre, les recettes fiscales liées aux carburants avaient diminué de 10 millions d’euros sur un an, attribuable à une baisse des volumes de carburants achetés par les consommateurs.

Enfin, Emmanuel Macron doit réunir ce vendredi à l’Élysée les principaux candidats à sa succession pour discuter des implications des conflits au Moyen-Orient et en Ukraine sur la sécurité et l’énergie en France.