Un anniversaire qui se transforme en deuil. C’est le destin tragique de Faustine Poettoz, percutée par une voiture alors qu’elle n’avait que 15 ans, à Cahors. Quatre ans après cet événement, la jeune femme de 18 ans a décidé de prendre la parole devant le tribunal correctionnel, partageant un témoignage poignant qui a profondément ému l’auditoire. Son récit révèle l’impact dévastateur de cet accident sur sa vie.
EN BREF
- Faustine Poettoz, 18 ans, a témoigné de son accident survenu à 15 ans.
- Le conducteur, Ali Makoul, a été condamné à trois ans de prison, dont deux avec sursis.
- Faustine appelle à une reconnaissance des conséquences humaines au-delà des faits juridiques.
Le 21 septembre 2022, à Cahors, une voiture mal garée dans la rue Fondue Haute a dévalé la pente, percutant Faustine et laissant des séquelles irréversibles. Le véhicule était stationné dans une zone interdite, sans frein à main correctement engagé. Son conducteur, Ali Makoul, avait consommé du cannabis avant de sortir pour un café. Ce jour-là, Faustine a perdu l’usage de ses jambes, un tournant tragique qui rappelle d’autres affaires où des véhicules deviennent des instruments de désespoir.
Lors de l’audience du 17 septembre 2026, Faustine se présente à la barre du tribunal, à la fois déterminée et nerveuse. C’est la première fois qu’elle fait face à l’homme dont l’acte a bouleversé sa vie. Son témoignage ne se limite pas aux faits, elle évoque l’angoisse immense qu’elle a ressentie lors de l’accident : « Je me souviens de ce que j’ai ressenti sous la voiture… une peur immense. À cet instant-là, je ne savais pas si j’allais mourir. »
Les mots de Faustine, décrivant l’odeur du goudron brûlé et la chaleur de la voiture, plongent l’auditoire dans une réalité crue et douloureuse. Ce témoignage, dépouillé de toute froideur, éveille des émotions profondes, rappelant à chacun que derrière les chiffres et les dossiers se cache une vie humaine brisée.
Après avoir reçu la terrible annonce, dans une chambre d’hôpital, qu’elle ne remarcherait jamais, Faustine confie : « J’ai pleuré. Mais au fond de moi, je refusais encore d’y croire. » Elle décrit ensuite deux mois d’hospitalisation marqués par des moments de souffrance intense, où la douleur devient parfois insupportable. Un passage déchirant qui souligne la gravité de son état et l’impact psychologique de l’accident.
À l’issue de l’audience, Ali Makoul, déjà noté pour ses antécédents judiciaires, a été condamné à trois ans de prison, dont deux avec sursis. Pour Coraline Poettoz, la mère de Faustine, cette peine est une insulte à la souffrance de sa fille. « Faustine a pris perpète, lui va continuer sa vie d’avant. Les jambes de ma fille valent douze mois ferme », déplore-t-elle, dénonçant également la lenteur de la procédure, qui a duré quatre ans avant d’aboutir à un verdict.
Faustine, quant à elle, ne cherche pas la pitié, mais déplore l’absence de remords chez le conducteur. Elle n’a jamais eu l’impression qu’il mesurait réellement les conséquences de son acte. « Moi, je les mesure. Tous les jours », insiste-t-elle. Elle conclut en appelant la justice à « regarder au-delà des faits, la personne qu’il y a derrière ».
Faustine a survécu à l’accident, mais également à elle-même. Son témoignage, livré sans artifice, incarne une lutte pour la reconnaissance d’une vie transformée. Sa voix, bien que portée par un fauteuil roulant, demeure puissante et résonne comme une demande de justice face à l’injustice d’une vie brisée, réduite à un verdict pénal.