Le 22 septembre 2026, quelques minutes avant son euthanasie en Belgique, l’acteur Arnaud Denis a partagé un ultime message sur Facebook. À 43 ans, ce comédien reconnu, trois fois nommé aux Molières, a pris la décision de mettre fin à une souffrance qu’il décrivait comme « interminable » et « dégradante ». Son parcours de douleur a débuté après une opération pour une hernie de l’aine droite, durant laquelle une prothèse en polypropylène lui avait été insérée. Depuis cette intervention, son état de santé n’a cessé de se dégrader, le laissant dans un état qu’il qualifiait lui-même de « grabataire ».
EN BREF
- Arnaud Denis a choisi l’euthanasie après trois ans de souffrances chroniques.
- Dans son message, il dénonce des défaillances médicales et un système qui néglige les patients.
- Il a payé 40 000 euros pour retirer un implant qui lui causait des douleurs persistantes.
Dans sa publication, Arnaud Denis a exprimé son ras-le-bol face à ce qu’il qualifie de « maltraitance médicale ». Il a évoqué un parcours jalonné de douleurs et d’errances médicales, marqué par ce qu’il considère comme un abandon de la part du corps médical. « J’en ai fini avec la maltraitance médicale », a-t-il déclaré, soulignant la nécessité de l’euthanasie comme une forme de « délivrance ».
Ce dernier message n’est pas qu’un simple au revoir ; c’est également un réquisitoire à l’encontre de ce qu’il perçoit comme des défaillances du système de santé. L’acteur a affirmé avoir été victime de « fautes médicales répétées » et a critiqué le fait que ses souffrances aient été minimisées. Il a également dénoncé le silence de certains établissements concernant les références d’implants, ainsi que l’absence de réaction face aux alertes des patients.
« Je dénonce ici la violence d’un système médical qui écrase le malade », a-t-il écrit, évoquant le classement sans suite de sa plainte contre X pour blessures involontaires. Dans un second message, il a partagé un extrait du film Midnight Express (1978), où le personnage principal parvient à s’échapper de sa prison, un parallèle qu’il a lui-même établi avec sa situation. Il a simplement légendé cette publication par « Midnight Express. Love to all », un dernier acte de tendresse envers ses proches.
Il est à noter qu’afin de tenter d’atténuer sa souffrance, Arnaud Denis avait investi 40 000 euros pour retirer l’implant à l’origine de ses douleurs. Dans une interview donnée en janvier 2026 à l’émission C à vous, il avait expliqué que cette opération, réalisée à New York par un spécialiste, n’avait pas apporté le soulagement escompté. « Quand vous retirez la prothèse, ce n’est pas non plus forcément une solution », avait-il précisé, illustrant ainsi la complexité de sa situation médicale.
Ce tragique épisode de la vie d’Arnaud Denis soulève de nombreuses questions sur la prise en charge des patients et sur le rôle du corps médical dans le suivi des souffrances des malades. Son départ laisse un vide dans le monde du théâtre, mais aussi un message fort sur les limites de la médecine face à la douleur chronique.