La Coordination rurale (CR) intensifie ses efforts pour soutenir les agriculteurs français face à la crise de la sécheresse. Lors d’une récente conférence de rentrée, l’organisation a annoncé son intention d’inviter les agriculteurs à creuser des réserves d’eau, également appelées « bassines » par leurs détracteurs. Cette initiative survient après un été particulièrement aride, où les pénuries d’eau ont mis à mal de nombreuses exploitations agricoles.
EN BREF
- La Coordination rurale demande aux agriculteurs de creuser des réserves d’eau.
- Des manifestations sont prévues en réponse à la hausse des prix des carburants.
- Bertrand Venteau rencontrera le Premier ministre pour discuter de la situation agricole.
Les mouvements de protestation se multiplient parmi les agriculteurs. Le 21 septembre 2026, environ 200 agriculteurs se sont rassemblés à Rodez pour exprimer leur mécontentement face à la flambée des prix des carburants. À l’appel de la Coordination rurale Aveyron, ils ont déversé des pneus devant le centre des finances publiques et ont arraché deux radars routiers, illustrant leur frustration croissante.
Bertrand Venteau, président de la Coordination rurale, a annoncé qu’il rencontrerait le Premier ministre, Sébastien Lecornu, pour discuter des défis auxquels font face les agriculteurs. Cette rencontre est essentielle alors que le syndicat prévoit une « quatrième année de mobilisation » pour défendre les intérêts du secteur.
La proposition de creuser des « lacs » pour stocker l’eau a été mise en avant comme une solution face aux restrictions d’irrigation en raison de la sécheresse. Bertrand Venteau a précisé que cette initiative pourrait ne pas respecter certaines réglementations en vigueur, mais qu’il est essentiel d’agir rapidement pour faire face à la crise hydrique persistante. Ces réserves, appelées « réserves de substitution », sont considérées comme un moyen crucial pour les agriculteurs de s’adapter aux conditions climatiques extrêmes.
La loi d’urgence agricole, récemment adoptée, facilite la construction de ces ouvrages de stockage d’eau, même dans des zones sensibles. Le gouvernement a également promis d’augmenter les volumes d’eau stockés d’ici 2035, mais pour de nombreux agriculteurs, ces mesures arrivent trop tard.
Face à l’augmentation des coûts liés aux carburants, la Coordination rurale a formulé des demandes précises lors de ses échanges avec le gouvernement. Parmi celles-ci, des aides supplémentaires pour compenser la hausse du prix du gazole et des clarifications sur la réallocation de fonds vers l’agriculture. Ces mesures sont jugées urgentes par les agriculteurs qui subissent des pertes estimées à 10 milliards d’euros dues aux sécheresses et canicules de cet été.
Avec un plan d’aide gouvernemental d’un milliard d’euros jugé insuffisant, les agriculteurs réclament également le versement anticipé des aides de la politique agricole commune (PAC) et la mise en place de prêts à taux zéro. Ils appellent par ailleurs à une réduction des dépenses publiques pour rediriger les fonds vers le secteur agricole.
Les actions et mobilisations de la Coordination rurale témoignent d’une volonté forte de défendre les intérêts des agriculteurs français en cette période de crise. L’avenir de l’agriculture dépendra en partie de la réponse des autorités face à ces demandes pressantes.