La flambée des prix du carburant continue d’inquiéter les automobilistes en France. Ce 23 septembre, le prix du litre de gazole atteint en moyenne **2,40 euros**, tandis que le sans-plomb se vend autour de **2,22 euros**. Ces hausses tarifaires rendent chaque plein de carburant **20 à 30 euros** plus coûteux par rapport à la période précédant le conflit en Ukraine. Une question persiste dans l’esprit des consommateurs : à qui profite réellement cette augmentation des prix ?
EN BREF
- Le prix du litre de carburant a fortement augmenté depuis la guerre en Ukraine.
- Les marges des distributeurs n’ont pas augmenté, mais celles des pétroliers explosent.
- Six pays européens demandent une taxation des superprofits pétroliers, la France ne fait pas partie de cette liste.
Pour mieux comprendre cette situation, il est essentiel d’analyser les chiffres depuis le début de la crise. Les données montrent que **les marges des distributeurs**, telles que Total, Shell, Leclerc ou Carrefour, n’ont pas augmenté ; en fait, elles ont même diminué. En effet, les stations-service ont vu leur marge brute baisser de **2 centimes** par litre pour le gazole et de **8 centimes** pour l’essence. L’impact de la politique de plafonnement des prix par Total, qui offre l’essence à **1,99 euros** et le gazole à **2,25 euros**, contribue à tirer les prix vers le bas, affectant ainsi les marges de la concurrence.
Quant à l’État, il ne profite pas non plus de cette crise. Bien que les taxes sur le carburant demeurent élevées, l’augmentation des prix ne lui rapporte que **7 à 10 centimes** de plus par litre. En effet, seule la TVA, qui varie avec le prix, augmente, tandis que l’accise reste fixe. L’économiste Eric Dor souligne que l’État ne sort pas gagnant de cette situation, et cela est corroboré par une baisse de **19 %** de la consommation depuis la rentrée, selon les chiffres du gouvernement.
Les chiffres révèlent que ce sont principalement **les pétroliers** qui tirent profit de cette flambée des prix. Sur les **63 centimes d’augmentation du gazole** depuis le début de la crise, **55 centimes** vont directement aux pétroliers, qui se partagent **37 centimes** pour l’extraction du pétrole et **18 centimes** pour le raffinage. C’est la marge brute des raffineries qui a le plus explosé, multipliée par **6 à 8 fois**.
La raison principale de cette situation réside dans la guerre en Ukraine ainsi que les conflits au Moyen-Orient, qui entraînent une **baisse de production** de carburant. Philippe Casbas, président de l’Union française de l’industrie pétrolière, explique que le niveau des stocks est très bas, à moins d’un tiers de ce qu’il était en janvier, rendant ainsi le carburant plus cher. Il souligne : « Normalement, les stocks sont là pour faire en sorte qu’on adoucisse les angles. »
Dans ce contexte, les profits des compagnies pétrolières continuent d’augmenter fortement. Face à cette situation, **six pays européens** — l’Allemagne, l’Italie, l’Autriche, le Portugal, l’Espagne et la Pologne — plaident pour une taxation des superprofits générés par les pétroliers. La France, en revanche, ne fait pas partie de cette initiative. En effet, Total a déjà menacé de mettre un terme au plafonnement des prix dans ses stations en cas d’introduction d’une taxe.
Alors que les automobilistes continuent de subir les effets de la hausse des prix du carburant, les questions autour des véritables bénéficiaires de cette situation restent plus que jamais d’actualité. Le tableau est clair : les distributeurs ne profitent pas de cette crise, l’État ne tire que peu de revenus supplémentaires, et ce sont avant tout les pétroliers qui voient leurs profits exploser.