Besançon : des membres d’une famille roumaine condamnés pour tentative d’enlèvement

À Besançon, la justice a prononcé des peines de prison ferme à l’encontre de quatre membres d’une famille roumaine, reconnus coupables de violences et de tentative d’enlèvement sur une mineure de leur propre famille. Les faits sont révélateurs de tensions culturelles et familiales particulièrement marquées.

EN BREF

  • Quatre Roumains condamnés pour tentative d’enlèvement et violences sur une adolescente.
  • Des mesures de protection avaient été prises par la justice envers la victime.
  • Les prévenus sont interdits de contact avec la jeune fille pendant trois ans.

Le tribunal judiciaire de Besançon a rendu son verdict : la mère de la jeune victime a écopé de deux ans de prison ferme pour avoir tenté d’enlever sa fille, ainsi que pour des violences physiques commises en réunion et des menaces. Le père a été condamné à 18 mois de prison ferme, tandis que la tante et le frère de cette dernière ont reçu des peines de six mois ferme, conformément à la demande du parquet.

Cette affaire familiale a débuté après que la jeune fille, placée à l’Aide sociale à l’enfance en raison de violences subies, ait été en désaccord avec ses parents concernant sa relation amoureuse avec un jeune homme d’origine macédonienne. La mère a tenté de contrôler la situation d’une manière particulièrement inquiétante, en cherchant à vérifier l’état de virginité de sa fille, ce qui a choqué l’audience. Elle a justifié ses actes en déclarant que, dans leur culture, les relations sexuelles avant le mariage sont inacceptables.

Le contexte de cette affaire est d’autant plus troublant que la jeune fille, âgée de 17 ans, avait déjà été protégée par la justice. En février 2025, alors qu’elle était sous protection, sa famille a été aperçue en train de se rendre chez le petit ami de la jeune fille, malgré l’interdiction de contact. La situation a dégénéré, et des individus cagoulés ont tenté d’enlever la jeune femme pour la ramener en Roumanie. Le plan a échoué lorsque leur véhicule a été intercepté à la frontière franco-allemande.

« J’étais terrifiée à l’idée de devoir vivre recluse en Roumanie », a témoigné la jeune fille. Ce climat de peur et de pression familiale a ainsi conduit la justice à prendre des mesures strictes pour protéger la victime.

L’avocat de la mère, Yacine Hakkar, a déclaré que la peine, bien que sévère, était justifiée au regard des faits. De son côté, l’avocate de la jeune fille, Céline Party, a exprimé sa satisfaction quant à l’issue du jugement, affirmant que cela représente un soulagement pour sa cliente, qui a pu faire entendre sa voix.

Les quatre prévenus ont reçu l’interdiction de se rapprocher de la victime et de séjourner à Besançon pendant trois ans, témoignant ainsi de la gravité des actes commis et de l’engagement de la justice à protéger les plus vulnérables.

Cette affaire soulève des questions sur les dynamiques familiales et culturelles, et met en lumière des réalités souvent méconnues, où les traditions peuvent entrer en conflit avec la législation et les droits individuels. La justice, en intervenant, a non seulement protégé la jeune fille, mais a aussi envoyé un message fort contre les violences domestiques et les pratiques culturelles néfastes.