Sébastien Lecornu promet pas d’augmentation d’impôts, mais les prélèvements vont grimper

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a récemment assuré qu’il n’y aurait pas d’augmentation des impôts dans le cadre du budget de l’État. Cependant, les documents fiscaux révèlent une réalité différente : les prélèvements obligatoires vont bel et bien augmenter dans les années à venir.

EN BREF

  • Le gouvernement annonce une stabilité fiscale sans hausse d’impôts.
  • Les prélèvements obligatoires augmenteront de 0,3 point du PIB en 2027.
  • Des mesures fiscales ciblées affectant certaines exonérations sont envisagées.

Lors d’une interview accordée au Figaro, Sébastien Lecornu a présenté ce qu’il qualifie de « copie budgétaire courageuse ». L’objectif est d’atteindre un déficit de 5 % du PIB d’ici 2027, contre 5,4 % prévu pour 2026. Cet effort budgétaire nécessite un montant total de 54 milliards d’euros, un chiffre qui soulève des interrogations sur la réelle stabilité fiscale promise.

Bien que le Premier ministre ait affirmé qu’il n’y aurait pas d’augmentation de l’impôt sur le revenu, une enquête sur le budget révèle que les prélèvements obligatoires, qui incluent impôts, taxes et cotisations sociales, devraient passer de 43,9 % à 44,2 % du PIB entre 2026 et 2027. Cela représente une hausse de 9 milliards d’euros, ce qui constitue un paradoxe flagrant par rapport aux promesses du gouvernement.

Les responsables de Bercy et de Matignon indiquent qu’ils souhaitent se concentrer sur la réforme de certaines niches fiscales, tout en conservant d’autres. Par exemple, le gouvernement envisage de fiscaliser certaines indemnités liées aux arrêts de travail, ce qui pourrait impacter des millions de Français.

Actuellement, les indemnités journalières versées en cas de maladie ou de maternité sont généralement imposables. Toutefois, certaines exonérations existent, notamment pour les arrêts maladie liés à des conditions particulières comme les maladies professionnelles. Le gouvernement prévoit de revoir ces exonérations, touchant ainsi des bénéficiaires qui, jusqu’à présent, étaient exemptés en partie ou en totalité d’impôts.

En parallèle, les retraités pourraient faire face à une réduction de leur abattement fiscal, qui passerait de 4 439 euros à 3 000 euros. Cette modification pourrait générer un revenu supplémentaire de 1,4 milliard d’euros pour l’État. De plus, le gouvernement envisage de geler les pensions de retraite dépassant 2 034 euros par mois, une mesure qui pourrait affecter un grand nombre de retraités.

Par ailleurs, le gouvernement met en avant sa volonté de lutter contre la fraude fiscale, un combat qui semble plus que jamais nécessaire face à l’augmentation de la dette publique, qui devrait atteindre 121,7 % du PIB en 2027. À l’heure où la situation financière du pays est au cœur des préoccupations, les débats au sein de l’Assemblée nationale promettent d’être animés.

Les promesses de stabilité fiscale du gouvernement sont donc à mettre en balance avec une réalité budgétaire qui semble contradictoire. Les choix qui seront faits dans les mois à venir auront un impact significatif sur le quotidien des Français et leur pouvoir d’achat.