Rapport alarmant sur le nombre de décès en détention en France

Un rapport récemment publié met en lumière l’opacité entourant le nombre de décès survenant dans les prisons françaises. La Contrôleure générale des lieux de privation de liberté (CGLPL) souligne que « plusieurs centaines de personnes meurent chaque année en France » dans ces établissements, sans que leur nombre exact ne soit connu. Cette situation soulève des inquiétudes quant à la traçabilité et à la remontée d’informations pertinentes.

EN BREF

  • La CGLPL déplore l’absence de chiffres précis sur les décès en détention.
  • En 2025, 275 décès ont été enregistrés, majoritairement dus à des suicides.
  • Des recommandations sont faites pour améliorer la transparence et l’accès aux soins.

Dans un contexte où la sécurité et la santé des détenus sont souvent remis en question, la CGLPL indique que le ministère de la Santé ne parvient pas à fournir des données complètes sur les décès survenant au cours ou à l’issue d’hospitalisations sans consentement. Ce manque de transparence contribue à une perception d’inefficacité et d’insuffisance dans la gestion de ces situations tragiques.

Les chiffres fournis par le ministère de la Justice révèlent que 275 décès ont été comptabilisés en détention en 2025, dont plus de la moitié, soit 136, sont attribués à des suicides. Cela place la France parmi les pays européens où le taux de suicide en milieu carcéral est particulièrement préoccupant. La CGLPL fait état d’un taux de 19,4 pour 10 000 détenus, alors que la médiane européenne est de 7,3. Ce constat met en exergue la nécessité de réformes dans la gestion des établissements pénitentiaires.

En outre, la CGLPL évoque un chiffre alarmant : 24 détenus ont été tués par des codétenus entre 2022 et avril 2026. Ces incidents surviennent dans un contexte de surpopulation carcérale, qui exacerbe les tensions et les violences au sein des prisons. Parallèlement, l’accès aux soins pour les détenus gravement malades pose également problème, avec jusqu’à un tiers des extractions médicales programmées annulées faute d’escorte, entravant ainsi le droit à la santé en prison.

Du côté des forces de l’ordre, le ministère de l’Intérieur a recensé 14 décès en 2024 dans les locaux de police, de gendarmerie et de centres de rétention administrative (CRA), une augmentation par rapport aux quatre décès enregistrés l’année précédente. Aucun décès n’a été constaté entre janvier et août 2025, mais ces chiffres restent préoccupants et soulignent la nécessité d’une surveillance accrue dans ces établissements.

Concernant la psychiatrie, la situation est tout aussi alarmante. Des patients hospitalisés meurent parfois en isolement, sans surveillance ni traçabilité adéquates. La CGLPL a relevé des cas où aucune autopsie n’a été pratiquée malgré les circonstances inexpliquées des décès. Ces situations interpellent quant à la prise en charge des patients les plus vulnérables.

Dans ses recommandations, la CGLPL appelle à mettre fin immédiatement à la pratique de contention, sans attendre l’échéance de 2030 fixée par le gouvernement. De plus, l’institution insiste sur la nécessité d’une analyse systématique et de la publication des données relatives aux décès en détention et dans les établissements de santé. Ces mesures sont essentielles pour garantir la transparence et la responsabilité des autorités concernées.

Alors que ces préoccupations demeurent, la question de la protection des droits des détenus et de la qualité des soins en détention continue de soulever des débats parmi les acteurs de la société civile et les autorités publiques. La mise en œuvre des recommandations de la CGLPL pourrait constituer un premier pas vers une meilleure gestion des établissements pénitentiaires et une plus grande protection des personnes privées de liberté.