Ce jeudi 24 septembre, lors de son procès pour corruption et trafic d’influence, Rachida Dati a connu des moments de tension intense. L’ancienne ministre, interrogée sur son travail pour le constructeur automobile Renault, a exprimé sa colère face aux avocats de la défense, en particulier contre Kami Haeri, qu’elle accuse d’avoir tenu des propos injurieux à son égard sur les réseaux sociaux.
EN BREF
- Rachida Dati comparaît pour corruption et trafic d’influence.
- Des tensions éclatent avec les avocats de Renault sur ses anciennes missions.
- Elle dénonce des tweets insultants à son encontre, provoquant la suspension de l’audience.
Depuis le début de cette affaire, l’ancienne députée européenne est sous le feu des questions judiciaires. Les avocats de Renault, Philippe Goossens et Kami Haeri, cherchent à comprendre les missions qu’elle prétend avoir effectuées pour l’entreprise entre 2010 et 2012. Rachida Dati a perçu près de 900 000 euros durant cette période, ce que le Parquet national financier suspecte d’être dissimulée sous couvert d’activité de lobbying.
Au fil de l’audience, Rachida Dati, qui prétend avoir été avocate pour Carlos Ghosn, ancien PDG de Renault-Nissan, a évoqué plusieurs missions à l’international, notamment en Corée du Sud, au Maroc et en Inde. Cependant, les avocats de Renault ont mis en avant l’absence de documents justificatifs concernant son travail juridique, ce qui a intensifié l’atmosphère déjà tendue.
Les échanges se sont envenimés lorsque Dati a abordé des différends personnels avec Kami Haeri. Elle l’a accusé d’avoir tenu des propos racistes et sexistes à son encontre sur les réseaux sociaux. « Maître Haeri, vous m’avez insultée sur les réseaux sociaux pendant des années. Je peux verser tous les éléments au dossier. Des tweets racistes, sexistes, sur ma fille… », a-t-elle déclaré, sa colère palpable. La présidente du tribunal a dû suspendre l’audience pour calmer les tensions.
La suite de la procédure a été marquée par des questions de Clémence Witt, avocate de Transparency International France. Elle a interrogé Dati sur son parcours professionnel et ses diplômes, ce qui a de nouveau provoqué une réaction vive de la part de l’ancienne ministre. « Madame, je n’ai pas eu votre vie. À 14 ans, j’ai commencé à travailler. Ensuite, il y a eu beaucoup de moments extrêmement violents. Fichez-moi la paix ! Je ne suis pas devenue magistrate avec des faux », a-t-elle rétorqué, illustrant ainsi la tension ambiante dans la salle d’audience.
Ce procès, qui met en lumière des questions de corruption et d’éthique au sein des institutions, soulève également des enjeux personnels pour Rachida Dati, dont le tempérament et la détermination à se défendre sont mis à l’épreuve. La suite des débats s’annonce tout aussi délicate, tant pour l’ancienne ministre que pour les avocats qui la poursuivent.