Hicham Karmoussi accuse Nasser Al-Khelaïfi de harcèlement et de tentatives d’enlèvement

Nasser Al-Khelaïfi, président du Paris Saint-Germain (PSG) depuis 2011, est au cœur d’accusations graves formulées par son ancien majordome, Hicham Karmoussi. Dans un témoignage diffusé dans l’émission Complément d’enquête, Karmoussi évoque des années de pression, d’insultes et, selon lui, de tentatives d’enlèvement qui dépassent un simple conflit de travail.

EN BREF

  • Hicham Karmoussi accuse Nasser Al-Khelaïfi de harcèlement moral et d’insultes.
  • Il évoque des tentatives d’enlèvement et des conditions de travail dégradantes.
  • Une plainte pour travail dissimulé a été déposée contre le président du PSG.

Tout commence en 2011, lorsque Nasser Al-Khelaïfi prend les rênes du PSG. Hicham Karmoussi, ancien joueur de tennis professionnel, devient son assistant. Au départ, leur relation semble basée sur le respect mutuel. Karmoussi affirme avoir été traité comme un « presque frère » par son employeur. Cependant, cette image de camaraderie est rapidement contredite par des révélations sur la réalité de leur collaboration.

Dans son intervention, Karmoussi souligne que la vie au sein du club ne correspondait pas à l’image glamour souvent véhiculée. « Les gens imaginent que nous menions la grande vie avec les jets privés, mais ce n’est pas le cas », confie-t-il. Ce désenchantement s’accroît avec le temps, et en 2023, Karmoussi décide de porter plainte pour travail dissimulé, révélant un contexte de pression et de harcèlement.

Des conditions de travail dégradantes

Selon ses dires, la situation devient insupportable à partir de 2015. Karmoussi raconte : « Il fallait que je reste avec lui 24h/24. Si je suis fatigué, je ne peux pas dormir, je dois dormir uniquement quand le patron dort. » Les exigences de son employeur semblent dépasser les limites du raisonnable, avec des messages nocturnes auxquels il se doit de répondre, sous peine de subir des représailles.

« Tu reçois des e-mails à 3h, 4h, 6h du matin, et tu es obligé de répondre. Si tu ne réponds pas, tu vas avoir des problèmes », précise-t-il, insistant sur la violence morale qu’il a subie. Ces accusations sont d’une gravité telle qu’elles méritent d’être examinées avec attention, d’autant plus qu’elles n’ont pas encore été tranchées par la justice.

Des accusations de tentative d’enlèvement

L’épisode le plus alarmant de son témoignage concerne une situation où Karmoussi se rend compte que les serrures de son appartement parisien ont été changées sans son consentement. Al-Khelaïfi lui aurait demandé de se rendre à Doha pour récupérer les nouvelles clés, ce qui a éveillé ses soupçons. « J’ai compris qu’ils sont en train de me piéger, qu’il veut m’attraper là-bas », affirme-t-il.

Il prétend avoir été victime de deux ou trois tentatives d’enlèvement. « Je savais que si j’allais au Qatar, je n’allais pas revenir », conclut-il, révélant l’angoisse qui l’a habitée durant cette période. La situation est d’autant plus inquiétante qu’il aurait été condamné à mort par contumace par la justice qatarie en 2023, ce qui pourrait expliquer la précaution avec laquelle il aborde ses déplacements.

Ces allégations, bien que non encore jugées par les autorités judiciaires, soulèvent des questions sur la vie derrière les projecteurs des célébrités. Nasser Al-Khelaïfi, pour sa part, n’a pas encore apporté de réponse publique à ces accusations. Ce silence, couplé aux révélations de Karmoussi, transforme cette affaire en un véritable thriller contemporain, où les enjeux dépassent largement le cadre d’un simple litige de travail.

Les faits relatés par Hicham Karmoussi pourraient résonner comme un appel à la prise de conscience sur les conditions de travail au sein des grandes institutions sportives. Une histoire qui, au-delà des personnalités en jeu, rappelle que le pouvoir peut parfois s’exercer de manière insidieuse, loin des regards du public.