Ce dimanche 27 septembre, la Tour Eiffel, habituellement prisée par les touristes, a vu un rassemblement inhabituel se former à ses pieds. Des syndicats de pompiers professionnels se sont installés dès le matin pour exprimer leur colère après un été éprouvant, marquant ainsi le début d’une mobilisation plus large prévue pour mardi à Paris.
EN BREF
- Des pompiers professionnels manifestent au Champ-de-Mars pour exprimer leur mécontentement.
- Une grande marche est prévue mardi pour revendiquer des revalorisations salariales.
- Le préavis de grève des pompiers est en cours jusqu’au 20 octobre.
Les huit syndicats de l’intersyndicale ont lancé leur « colonne de renfort de la colère », comme l’explique David Saquet, représentant d’Unsa Sapeurs-Pompiers. Le but de cette initiative est d’aller à la rencontre des citoyens et des élus pour partager leur ressenti et faire entendre leur voix pacifiquement. Ils souhaitent faire passer un message clair : leur détermination à se faire entendre par le gouvernement.
Au programme, une déambulation à travers la capitale est prévue ce lundi, suivie d’une participation à la manifestation de la fonction publique de mardi. Cette marche sera le point culminant de trois semaines de mobilisation intense. Les neuf syndicats représentant environ 44 000 pompiers professionnels (hors militaires) ont d’ores et déjà déposé un préavis de grève qui a débuté le 8 septembre. Depuis, les pompiers ont multiplié les banderoles, les magnets et les inscriptions sur leurs camions pour faire entendre leur colère.
Ce préavis de grève court jusqu’au 20 octobre. Toutefois, comme l’affirme Rémy Chabbouh, du syndicat SUD Sdis, « hors de question de lever le préavis tant que nous n’avons pas obtenu satisfaction ». De nombreux pompiers sont visibles avec un badge « En grève » accroché à leur uniforme, illustrant leur engagement dans ce mouvement.
Les pompiers, tant professionnels que volontaires, formulent plusieurs revendications. Ils demandent des embauches, une meilleure protection de leur santé ainsi qu’un recentrage de leurs missions. Ils se disent épuisés après une saison estivale marquée par des feux de forêt sans précédent, notamment avec l’apparition d’un pyrocumulonimbus, un phénomène météorologique rare. Depuis janvier, près de 98 000 hectares ont brûlé en France, un chiffre record depuis cinquante ans, entraînant la mort de huit pompiers lors d’interventions diverses.
Ce mouvement s’inscrit dans un contexte où les soldats du feu sont de plus en plus sollicités face aux défis du réchauffement climatique, entre mégafeux et inondations. Chaque année, ils reçoivent environ 20 millions d’appels et effectuent près de 5 millions d’interventions, dont plus des trois quarts concernent des secours à la personne.
Dans l’optique de faire entendre leurs revendications avant que l’attention médiatique ne se dissipe et avant l’examen du projet de financement prévu le 20 octobre, les pompiers souhaitent aborder plusieurs sujets cruciaux. Le premier concerne le projet de loi de modernisation de la sécurité civile, dont une première synthèse a été présentée le 8 septembre. Selon Frédéric Monchy, du syndicat SNSPP-PATS, ce texte « ne satisfait personne » et est perçu comme un échec général.
Un autre dossier, interconnecté au précédent, touche aux mesures financières qui devraient figurer dans le projet de loi de finances. Cependant, selon Frédéric Monchy, « on ne sait rien » des nouvelles pistes de financement pour les services d’incendie et de secours, en dépit de l’effort budgétaire global de 54 milliards d’euros d’économies à réaliser d’ici 2027.
Adrien Legue, du syndicat Avenir Secours, souligne que « l’attente est très forte » parmi les pompiers. Il note que le mouvement de grève est largement suivi, avec parfois près de 100 % de grévistes dans certaines casernes. Cependant, il précise que cela n’impacte pas les secours en raison des réquisitions de personnel. La direction de la Sécurité civile a indiqué qu’en moyenne, depuis le 8 septembre, environ 2 682 pompiers professionnels sont en grève chaque jour, représentant 9,3 % des effectifs globaux.
Cette mobilisation des pompiers met en lumière une crise profonde au sein des services de secours en France, nécessitant une attention urgente de la part des autorités pour répondre à leurs revendications et garantir la sécurité des citoyens.