En pleine campagne présidentielle, Marine Le Pen a fait parler d’elle lors d’une conférence de presse à l’Assemblée nationale, le 29 septembre. La candidate du Rassemblement national (RN) a fait référence à des révélations de Mediapart concernant Jordan Bardella, le président du RN, en invitant les journalistes du média à « enfiler leur costard en Kevlar ». Cette déclaration, qui évoque les gilets pare-balles, a suscité de vives réactions, notamment de la part de certains élus.
EN BREF
- Marine Le Pen défend Jordan Bardella après des accusations de Mediapart.
- Elle utilise une expression controversée qui évoque une menace.
- Des réactions politiques et médiatiques fortes suivent ses déclarations.
Lors de cette intervention, Marine Le Pen a tenu à montrer sa détermination face aux attaques dont elle et son protégé doivent faire face. Elle a déclaré qu’eux-mêmes avaient déjà « enfilé leurs costards en Kevlar », soulignant ainsi leur résilience dans un contexte tendu. « Parce que c’est du lourd qui tombe », a-t-elle ajouté, en référence aux accusations portées contre Jordan Bardella.
Les révélations de Mediapart, qui ont conduit à cette déclaration, portent sur des écrits attribués à Bardella, dans lesquels des propos antisémites et complotistes seraient présents. Pour Le Pen, ces accusations ne sont pas simplement des questions d’éthique journalistique, mais relèvent d’un objectif moins noble de la part de Mediapart. Elle a affirmé que le média d’investigation ne poursuivait rien de « journalistique » dans ses révélations.
La députée écologiste Léa Balage El Mariky a été l’une des premières à dénoncer ces propos. Sur les réseaux sociaux, elle a rappelé la signification sous-jacente du terme « Kevlar », en précisant qu’il s’agit de la matière utilisée pour fabriquer des gilets pare-balles. Elle a annoncé son intention de saisir la justice, considérant que les propos de Marine Le Pen pourraient être interprétés comme des « menaces de mort ». Cette réaction souligne le climat de tension qui entoure le débat politique actuel.
Du côté de Mediapart, la réponse n’a pas tardé à se manifester. La journaliste Ellen Salvi a écrit sur les réseaux sociaux : « Une cheffe de parti, candidate à l’élection présidentielle, qui recommande à des journalistes d’enfiler des “costards en Kevlar” (la matière qui sert à créer des gilets pare-balles). Ça va, on est bien là ? La normalisation, tout ça ? » Son collègue David Perrotin a également interrogé la pertinence d’une telle déclaration en demandant : « Un gilet pare-balles donc, pour nous protéger de quelle réponse ? »
Cette controverse s’inscrit dans un contexte plus large de tensions autour de la campagne présidentielle, où les accusations et les contre-accusations semblent se multiplier. Alors que le Rassemblement national est souvent au centre des débats politiques, cette situation particulière pourrait avoir des répercussions sur la perception du parti et de ses dirigeants.
En conclusion, la déclaration de Marine Le Pen face à Mediapart s’inscrit dans une stratégie de défense de Jordan Bardella, mais elle soulève également des questions sur la violence des échanges dans le débat public. À mesure que la campagne électorale se poursuit, il est clair que ces tensions ne sont pas prêtes de s’apaiser, et que la communication des leaders politiques sera scrutée de près.