Licenciement validé pour une salariée enceinte travaillant pendant son arrêt maladie

Une affaire qui soulève des questions sur la protection des salariés en arrêt maladie et les droits des employeurs. Une salariée espagnole, connue sous le nom de Rosa, a été licenciée après avoir été filmée par un détective privé alors qu’elle tenait un stand de boissons pendant une fête locale, malgré un arrêt maladie en cours. Ce cas, qui se déroule au sud de l’Espagne, met en lumière les tensions entre la protection des droits des travailleurs, notamment des femmes enceintes, et les obligations de bonne foi dans la relation de travail.

EN BREF

  • Une salariée en arrêt maladie a été filmée en train de travailler à un stand de fête.
  • Le licenciement a été jugé valide par la Haute Cour de justice de Castille-La Manche.
  • Les juges ont souligné l’importance de la bonne foi dans la relation employeur-salarié.

Tout commence en février 2021, lorsque Rosa, assistante administrative dans le groupe Clazamar, demande un congé maladie en raison de sa grossesse. Rien de surprenant à cela, étant donné que sa situation médicale justifie pleinement son arrêt. Toutefois, entre le 5 et le 8 septembre 2025, alors qu’elle est toujours officiellement en arrêt, elle est aperçue à la fête de Torrenueva, où elle travaille à un stand de rafraîchissements.

Ce qui semble anodin pour certains prend une tournure sérieuse lorsque l’employeur, suspectant une fraude, décide de mandater un détective privé pour surveiller Rosa. Le détective confirme qu’elle travaille effectivement au stand, distribuant des tickets de boisson pendant plusieurs heures. Sur la base de ces constats, Rosa reçoit une notification de licenciement disciplinaire, accusée de falsification de son arrêt maladie.

La direction de l’entreprise justifie son action en affirmant que Rosa a simulé une maladie qui l’empêchait d’exercer son métier d’assistante administrative, mais pas de travailler en tant que vendeuse. Cette situation soulève une question cruciale : jusqu’où un employeur peut-il aller pour vérifier la véracité d’un arrêt maladie ?

Rosa décide de contester son licenciement devant le tribunal de première instance de Ciudad Real. Le 17 avril 2026, la décision du tribunal lui donne raison, considérant son licenciement abusif et ordonnant soit sa réintégration, soit le versement d’indemnités. Cependant, l’employeur fait appel, et la Haute Cour de justice de Castille-La Manche renverse ce jugement.

Dans sa décision, la Haute Cour souligne que travailler pendant un arrêt maladie constitue un abus de confiance dans la relation de travail. Les juges ajoutent que la grossesse de Rosa ne doit pas être un prétexte pour invalider la procédure disciplinaire. Ils précisent qu’effectuer un travail rémunéré, même en étant enceinte, est incompatible avec un arrêt maladie, qui est censé permettre à une personne de se remettre d’une maladie.

La conclusion des juges est claire : le licenciement de Rosa est validé, et son cas pourrait faire jurisprudence. Un pourvoi en cassation devant la Cour suprême reste envisageable, mais la décision actuelle met en lumière les limites de la protection des salariés en arrêt maladie.

Cette affaire n’est pas isolée. D’autres cas similaires ont été rapportés, comme celui d’une salariée participant à une compétition sportive alors qu’elle était en arrêt. Ces incidents interrogent l’équilibre nécessaire entre la protection des droits des salariés, notamment durant la maternité, et la nécessité pour les employeurs de prévenir les abus.

En France, la question des contrôles sur les arrêts maladie est également d’actualité, avec des prévisions de 740 000 contrôles pour 2026. La situation de Rosa rappelle que les employeurs disposent d’outils pour vérifier la bonne foi de leurs employés, mais ceux-ci doivent être utilisés dans le respect des lois et des droits individuels.

Cette affaire illustre les enjeux complexes que représente la gestion des arrêts maladie, en particulier dans le cadre des droits liés à la maternité. Entre protection et responsabilité, la justice semble vouloir établir une ligne claire. À suivre si la Cour suprême prendra une décision différente et si d’autres cas similaires émergeront.

Une simple journée à la fête du village a conduit Rosa à perdre son emploi, soulevant des interrogations sur les pratiques des employeurs face à des situations délicates d’arrêt maladie.