Clémentine Autain témoigne à l’Assemblée nationale sur les violences sexuelles subies

Le 1er octobre dernier, à l’Assemblée nationale, Clémentine Autain a délivré un témoignage poignant sur le viol dont elle a été victime à l’âge de 22 ans. Ce discours a eu lieu alors que les parlementaires entamaient l’examen d’une proposition de loi visant à renforcer la lutte contre les violences sexuelles et sexistes.

EN BREF

  • Clémentine Autain raconte son viol à 22 ans lors d’un discours à l’Assemblée.
  • Elle dénonce l’insuffisance des réponses politiques face aux violences sexuelles.
  • La proposition de loi sur les violences sexuelles est en cours d’examen.

Dans un discours qui a marqué les esprits, la députée écologiste a choisi de partager son expérience personnelle, pour mettre en lumière la réalité des violences sexuelles. « J’avais 22 ans quand un inconnu m’a plaquée contre un mur. Il m’a mis un couteau sous la gorge, m’a conduite en plein jour dans un sous-bois, et m’a violée », a-t-elle déclaré avec une émotion palpable. Ce récit, qu’elle n’avait jamais partagé avec autant de détails, a eu un impact fort sur l’assemblée.

Clémentine Autain a évoqué l’état de choc dans lequel elle s’est trouvée après l’agression, et le soutien crucial apporté par une amie pour l’aider à déposer plainte. Elle a également rappelé les difficultés qu’elle a rencontrées lors du procès, où, malgré les aveux de l’agresseur concernant une trentaine de viols, seulement trois plaignantes étaient présentes.

Un appel à l’action

Au-delà de son expérience personnelle, la députée a voulu élargir le débat aux enjeux sociétaux liés aux violences sexuelles. « Je ne vous parle pas de mon intimité, mais de sa violation », a-t-elle insisté. Elle a souligné que le viol ne doit pas être considéré comme un acte isolé, mais comme le résultat d’une culture patriarcale profondément ancrée.

Lors de son intervention, elle a partagé des chiffres alarmants, notamment le fait qu’un enfant est victime d’inceste, de viol ou d’agression sexuelle toutes les trois minutes en France. Ce constat, qu’elle a qualifié d’inacceptable, a suscité une réflexion sur l’inefficacité des réponses apportées par les pouvoirs publics. « Qu’avons-nous fait depuis trente ans, vingt ans, dix ans ? », a-t-elle interrogé, appelant à une prise de conscience collective.

Elle a également fait état des féminicides, avec un chiffre de 164 cas recensés en 2025, rappelant à l’assemblée l’urgence de la situation et l’importance de la mise en œuvre de mesures efficaces contre ces violences.

Un témoignage partagé

Le discours de Clémentine Autain s’inscrit dans le cadre des débats autour d’une proposition de loi adoptée en commission spéciale fin septembre, qui vise une approche globale des violences sexuelles et sexistes. Ce texte prévoit des actions allant de la prévention à l’accompagnement des victimes, ainsi qu’une meilleure réponse judiciaire.

Ce même jour, Christophe Weissberg, député, a également témoigné de son expérience en tant que victime d’une tentative de viol durant son adolescence. Son discours a renforcé l’importance de permettre à chacun de s’exprimer et de partager son vécu, pour contribuer à la lutte contre ces violences.

Les débats autour de cette proposition de loi se poursuivent à l’Assemblée nationale, et l’intervention de Clémentine Autain a renforcé la nécessité d’une action collective pour combattre les violences faites aux femmes et aux enfants. Son témoignage, à la fois personnel et universel, rappelle que ces problématiques doivent être au cœur des préoccupations politiques et sociales.