Les tensions sociales s’intensifient en Corse avec la grève des marins de la Corsica Linea, qui impacte sévèrement le transport maritime entre le continent et l’île. Depuis ce vendredi, des marins du syndicat des travailleurs corses (STC) ont bloqué le port de Bastia, empêchant tout départ ou arrivée de ferries. À Marseille, la situation est tout aussi préoccupante avec des bateaux immobilisés, créant des perturbations notables dans l’approvisionnement des commerces.
EN BREF
- Les marins de Corsica Linea sont en grève depuis vendredi.
- Le blocage des ports entraîne des perturbations dans l’approvisionnement des supermarchés.
- La direction de Corsica Linea assure qu’il n’y aura pas de suppressions de CDI.
Les manifestants, munis de pneus enflammés et d’une banderole portant l’inscription « emplois en danger », expriment leur mécontentement face à la direction de l’entreprise. Ils dénoncent le choix de l’affrètement du bateau Massalia, propriété de la Méridionale, pour assurer des liaisons entre Propriano et Île Rousse à Marseille. Selon le syndicat CGT, cette décision aurait pour conséquence la suppression de deux équipages, soit environ 90 postes.
La direction de Corsica Linea, quant à elle, défend son projet de réorganisation de la flotte, affirmant qu’il ne prévoit aucune suppression de contrats à durée indéterminée (CDI). Lors d’une communication officielle, elle a précisé que son plan garantirait entre 60 et 500 contrats à durée déterminée (CDD) tout au long de l’année.
Face à la situation, le consortium corse CM Holding, propriétaire de Corsica Linea, a exprimé son exaspération. Dans un communiqué, il a qualifié la situation de « blocage de trop » et a dénoncé des « contre-vérités » véhiculées par les grévistes. CM Holding a également annoncé la suspension de l’ensemble de l’activité de l’entreprise, quelle que soit l’issue des préavis de grève, jusqu’à lundi. Cette pause vise à évaluer la forme que prendra l’engagement futur de la direction envers la Corsica Linea.
Les conséquences de ce mouvement social sont déjà visibles. À Ajaccio, des rayons vides sont apparus dans les supermarchés, conséquence directe de l’arrêt des liaisons maritimes. L’approvisionnement de l’île, qui dépend largement des services de la Corsica Linea et de la Méridionale, est donc menacé. Les habitants de l’île méditerranéenne commencent à ressentir les effets de cette grève, avec des craintes croissantes concernant la disponibilité des produits alimentaires et essentiels.
Alors que la grève se poursuit, la situation reste tendue et le dialogue entre les parties semble difficile. Les marins, déterminés à défendre leurs emplois, continuent de mobiliser leurs forces, tandis que la direction de la Corsica Linea s’efforce de maintenir une continuité de service, malgré les contestations.
Un avenir incertain s’ouvre donc devant les acteurs du transport maritime en Corse, avec des enjeux cruciaux tant pour les travailleurs que pour les citoyens dépendants de ces liaisons vitales.