Le Parti Socialiste (PS) a annoncĂ© son intention de dĂ©poser une proposition de loi visant Ă interdire l’usage d’armes mutilantes lors des manifestations, particuliĂšrement celles impliquant des lycĂ©ens, dont une grande majoritĂ© sont mineurs. Cette initiative a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©e par Boris Vallaud, le chef des dĂ©putĂ©s socialistes Ă l’AssemblĂ©e nationale, ce mardi sur RMC.
EN BREF
- Proposition de loi du PS pour interdire les armes mutilantes lors des manifestations lycéennes.
- 85 % des jeunes interpellés durant les manifestations sont mineurs.
- Pétition en ligne contre des pratiques policiÚres jugées disproportionnées.
Face Ă un mouvement lycĂ©en qui ne cesse de sâintensifier et qui a dĂ©jĂ engendrĂ© plusieurs violences, la situation devient prĂ©occupante. De rĂ©cents incidents ont rĂ©vĂ©lĂ© les dangers auxquels sont confrontĂ©s les jeunes manifestants. En effet, un lycĂ©en de 15 ans a subi de graves blessures, notamment la perte de sa main Ă cause dâune grenade policiĂšre, lors dâune manifestation Ă Lens. Ă ce jour, dix enquĂȘtes ont Ă©tĂ© ouvertes par lâinspection gĂ©nĂ©rale de la police nationale, tĂ©moignant de la gravitĂ© des Ă©vĂ©nements qui se dĂ©roulent depuis le dĂ©but du mouvement, en mi-septembre.
Boris Vallaud a soulignĂ© lâimportance dâune approche Ă©ducative plutĂŽt que rĂ©pressive. Il a dĂ©clarĂ© : « 85 % des jeunes interpellĂ©s sont mineurs », appelant Ă une rĂ©ponse adaptĂ©e Ă leur Ăąge. Il a Ă©galement critiquĂ© le fait que la gestion de la situation semble relever davantage du ministĂšre de lâIntĂ©rieur que de lâĂducation nationale, Ă©voquant une carence dans la prise en charge Ă©ducative des jeunes lorsque des violences sont Ă l’ordre du jour.
« Aucune autre police de l’UE n’utilise des grenades ou des LBD face Ă des mineurs », a-t-il ajoutĂ©, dĂ©nonçant les pratiques brutales qui sont employĂ©es. En parallĂšle, une pĂ©tition a Ă©tĂ© mise en ligne sur le site de lâAssemblĂ©e nationale, appelant Ă interdire les gestes dâimmobilisation Ă risque dâasphyxie, tels que le plaquage ventral ou les clĂ©s dâĂ©tranglement. Les premiers signataires, qui sont dĂ©jĂ 8.000, demandent Ă©galement le retrait dâarmes considĂ©rĂ©es comme mutilantes, comme les lanceurs de balles de dĂ©fense (LBD) et les grenades de dĂ©sencerclement.
Sur le plan gouvernemental, Laurent Nuñez a rĂ©cemment affirmĂ© sur TF1 quâil nâexistait « aucune consigne de retenue » pour les forces de lâordre, laissant libre cours Ă lâusage de tout lâarmement intermĂ©diaire disponible. Cette dĂ©claration soulĂšve des questions sur la stratĂ©gie policiĂšre adoptĂ©e face Ă des manifestations qui impliquent principalement des jeunes.
La candidate Ă la primaire sociale-dĂ©mocrate, SĂ©golĂšne Royal, a Ă©galement rĂ©agi Ă ces Ă©vĂ©nements. Sur franceinfo, elle a exprimĂ© son incomprĂ©hension face Ă la militarisation des forces de lâordre, sâinterrogeant sur la perte de contrĂŽle du ministre de lâIntĂ©rieur concernant la doctrine du maintien de lâordre. « Quand vous voyez des policiers harnachĂ©s comme sâil y avait une guerre, on peut se demander comment un ministre a pu en arriver là », a-t-elle dĂ©clarĂ©.
Ce contexte tendu soulĂšve des prĂ©occupations sur lâavenir des manifestations lycĂ©ennes et sur les mesures Ă mettre en place pour garantir la sĂ©curitĂ© des jeunes, tout en prĂ©servant leur droit Ă la manifestation. Le dĂ©bat sur lâusage des armes et les pratiques policiĂšres sâannonce donc plus que jamais dâactualitĂ©.