Les origines surprenantes du mot « OK » : une faute d’orthographe à Boston

Utilisé au quotidien dans le monde entier, le mot « OK » est souvent prononcé sans que l’on se préoccupe de son histoire. Pourtant, son origine est à la fois amusante et inattendue. Plongeons dans le Boston des années 1830 pour découvrir comment cette expression est devenue universelle.

EN BREF

  • Le mot « OK » est né d’une blague orthographique à Boston dans les années 1830.
  • Initialement utilisé comme abréviation humoristique, il a gagné en popularité grâce à la campagne présidentielle de 1840.
  • Sa véritable origine est souvent confondue avec des légendes autour d’Andrew Jackson.

Au cœur de l’histoire de « OK », se trouve une mode particulière qui a émergé dans la presse bostonienne à la fin des années 1830. Les journalistes prenaient plaisir à abréger des phrases en les orthographiant intentionnellement de manière incorrecte, suscitant le rire parmi leurs lecteurs. Cette tendance rappelle les abréviations modernes comme « mdr » ou « ptdr », mais s’inscrivait dans un contexte bien différent, où la redingote était de mise.

En 1838, Charles Gordon Greene, le fondateur du Boston Morning Post, est l’un des premiers à employer l’expression « OK ». Cependant, son utilisation ne se limite pas à une simple blague de journaliste. Au même moment, une autre abréviation était déjà en circulation : « O.W. » pour « oll wright », une déformation humoristique de « all right ». Malheureusement, cette dernière n’a jamais pris. Ainsi, peu de gens se souviennent de la réponse « OW » lorsqu’on leur demande comment ils vont.

Quelques mois plus tard, en 1839, « OK » fait son apparition, dérivant de « oll korrect », une version volontairement fautive de « all correct ». Ce mot a besoin d’un coup de pouce pour s’imposer, et celui-ci arrive avec la campagne présidentielle de 1840.

Martin Van Buren, candidat démocrate à la réélection, est originaire de Kinderhook, dans l’État de New York. Son surnom, « Old Kinderhook », coïncide parfaitement avec les initiales O.K. Ses partisans en font un slogan accrocheur : « Vote for OK », bien plus mémorable que son nom d’origine. Cette association entre une blague journalistique et une campagne politique va propulser le mot sur le devant de la scène nationale.

À l’été et à l’automne de 1840, l’utilisation de « OK » explose. Ce mot, issu de l’humour, devient un phénomène de langage, reconnu et utilisé par une grande partie de la population américaine.

Cependant, une légende tenace émerge autour de cette expression. Les opposants de Van Buren, appartenant au parti Whig, vont tenter de discréditer le président en prétendant que « OK » était né d’une faute d’orthographe d’Andrew Jackson, son prédécesseur, qui aurait écrit « oll korrect » par ignorance. Cette attaque, bien que fausse, a été suffisamment efficace pour ancrer cette idée dans l’esprit des gens pendant de nombreuses générations.

En réalité, Jackson avait utilisé les initiales « O.R. », qui signifient « order recorded », un terme courant dans les documents officiels. L’interprétation erronée de « O.K. » s’est alors propagée, créant une confusion qui perdure encore aujourd’hui.

Ce n’est qu’en 1963 que le Dr Allen Walker Read, chercheur à l’université Columbia, apporte des éclaircissements sur l’histoire de « OK ». En fouillant dans les archives, il met en lumière la mode d’écriture de Boston et la première apparition du mot en 1839, résolvant ainsi une énigme qui avait duré plus d’un siècle.

Ce qui rend ce mot si fascinant, c’est qu’il est né d’une plaisanterie sur l’orthographe, et qu’il a réussi à conquérir le monde. « OK » est devenu l’un des mots les plus reconnus à l’échelle internationale, à l’instar de termes modernes comme « lol », qui pourraient un jour connaître un sort similaire dans les dictionnaires.

Cette histoire illustre également comment des mots et des marques peuvent émerger d’accidents linguistiques ou de blagues qui ont pris une ampleur inattendue. D’autres exemples notables incluent le nom de la Vache qui rit ou le chiffre sur le ketchup Heinz, qui sont également issus de récits surprenants.

La prochaine fois que vous utilisez « OK », souvenez-vous de cette fausse faute d’orthographe qui a conquis le monde. Une histoire à partager, qui ne manquera pas d’étonner vos interlocuteurs.