Le mardi 6 octobre 2026, à Rennes, une manifestation des lycéens a pris une tournure particulière avec la présence de Suzanne, une mère célibataire de 35 ans. Tenant une pancarte devenue emblématique, elle a exprimé son désespoir face à la situation précaire des diplômés, en déclarant : « 2 masters, 1 doctorat, je veux un travail ». Son message, à la fois percutant et touchant, témoigne d’un ras-le-bol général face à un système qui semble ignorer les compétences des jeunes diplômés.
EN BREF
- Suzanne, docteure en biologie, cherche un emploi depuis quatre ans.
- Elle dénonce le manque de financements pour l’écologie et la recherche.
- La pancarte de Suzanne vise à sensibiliser sur la précarité des diplômés.
Au cœur de la manifestation, Suzanne a fait entendre sa voix au milieu des slogans des jeunes. Âgée de 35 ans, elle est titulaire de deux masters et d’un doctorat en biologie des organismes, mais malgré ses qualifications, elle se heurte à un mur : « J’ai deux masters et un doctorat. Ça fait quatre ans que je cherche du travail et, à chaque fois, on me dit qu’il n’y a pas d’argent. » Son domaine de spécialisation, l’environnement, est particulièrement touché par une crise de financement qui impacte les opportunités d’emploi.
« En ce moment, il n’y a plus rien », confie-t-elle, visiblement fatiguée par cette quête d’emploi. Pour subvenir à ses besoins et élever seule sa fille, Suzanne doit enchaîner les petits boulots en intérim. « Je travaillais dans des frigos à -25 °C, puis le lendemain sur un parking en plein cagnard à faire des inventaires. Ce n’est pas vivable ! » Cette situation précaire accentue son sentiment d’injustice, alors qu’elle possède des compétences précieuses pour le marché du travail.
Avec une volonté de changer les choses, Suzanne a même décidé d’appliquer les conseils d’Emmanuel Macron, qui avait déclaré en 2018 qu’il suffisait de « traverser la rue » pour trouver un emploi. Elle se souvient d’une tentative dans un laboratoire voisin, mais le constat fut amer : « Il n’avait pas de financement pour pouvoir me payer un post-doctorat. » Ce rejet a renforcé son sentiment d’inutilité face à un système qui ne reconnaît pas la valeur de ses compétences.
La pancarte de Suzanne ne se limite pas à son propre désespoir, elle vise également à alerter sur une problématique plus large : le manque de moyens accordés à l’environnement. « J’aimerais plus de financements dans la recherche et dans l’écologie, pour avoir une meilleure connaissance de nos écosystèmes et de nos milieux, et pouvoir essayer de limiter l’impact du réchauffement climatique », plaide-t-elle. Ce cri du cœur résonne dans un contexte où les enjeux environnementaux sont plus que jamais d’actualité.
À travers sa pancarte, Suzanne espère faire entendre son message et attirer l’attention sur la situation précaire des diplômés de l’écologie. Elle souhaite que son histoire, et celle de nombreux autres, soit un appel à l’action pour une meilleure reconnaissance des compétences et un soutien accru aux secteurs de la recherche et de l’environnement.
Alors que la manifestation se poursuivait, elle a su captiver l’attention des médias et du public, faisant de son discours un symbole de la lutte des jeunes diplômés face à une réalité difficile. Son engagement et sa détermination sont un exemple de la résilience des femmes et des hommes qui, malgré les difficultés, continuent de se battre pour un avenir meilleur.