Aurélie Foucher, résidente de Vierzon dans le Cher, a récemment dû abandonner son projet de déménagement vers une maison plus adaptée à son handicap. La raison ? Elle a appris qu’à partir du 1er janvier 2027, elle perdra l’allocation de solidarité spécifique (ASS), représentant environ 600 euros par mois. Cette aide est cruciale pour les demandeurs d’emploi ayant épuisé leurs droits à l’assurance chômage, mais qui justifient d’au moins cinq ans d’activité salariée au cours de la dernière décennie.
EN BREF
- À partir du 1er janvier 2027, 15 000 demandeurs d’emploi handicapés perdront leur ASS.
- Les bénéficiaires n’ont pas été informés de ce changement majeur, causant inquiétude et colère.
- Aucune mesure de compensation financière n’est prévue pour les personnes touchées.
Aurélie Foucher bénéficie actuellement de l’ASS en complément de l’allocation adulte handicapé (AAH) de 1 041 euros par mois. Cette situation lui permet de faire face à ses frais de vie, mais la perte de l’ASS compromet sa situation financière. Licenciée pour inaptitude en 2008, elle ressent encore les effets de douleurs chroniques qui rendent sa recherche d’emploi très difficile.
En 2016, une loi a interdit le cumul de l’ASS et de l’AAH, mais un sursis de dix ans a été accordé aux 35 000 bénéficiaires concernés. Ce délai prendra fin à la fin de cette année pour ceux qui continuent à toucher les deux aides. Aurélie Foucher fait partie des 15 000 personnes qui se retrouvent dans cette situation. Elle a découvert ce changement par hasard, sans aucune notification officielle.
APF France handicap, une association qui défend les droits des personnes en situation de handicap, a également réagi. Elle a interpellé les autorités sur l’absence d’informations claires concernant la fin de ce cumul. Dans une lettre adressée à la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS) et à la Délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle (DGEFP), l’association a soulevé des questions sur la manière dont les bénéficiaires seront informés.
Le ministère du Travail n’a pas encore répondu aux demandes de clarification sur ce sujet. L’association déplore également qu’aucune compensation financière ne soit envisagée pour atténuer l’impact de cette mesure. Aurélie Foucher exprime son indignation, soulignant que beaucoup souhaiteraient pouvoir travailler, mais que leur état de santé constitue un obstacle majeur à l’embauche.
Le montant de l’AAH à taux plein reste en dessous du seuil de pauvreté, fixé à 1 337 euros pour une personne seule. De plus, la validation des trimestres pour l’Assurance retraite, qui est possible avec l’ASS mais pas avec l’AAH, est une préoccupation croissante. En effet, les bénéficiaires qui perdent l’ASS pourraient voir leur pension de retraite diminuer significativement, car ils ne valideront pas les trimestres nécessaires pour maintenir un bon niveau de revenu à la retraite.
Pour illustrer les conséquences de cette réforme, prenons l’exemple d’un bénéficiaire de l’ASS et de l’AAH né en janvier 1970. En atteignant l’âge de la retraite en janvier 2032, il pourrait perdre la validation de 20 trimestres, entraînant une réduction potentielle de sa retraite de base d’au moins 11 %. Plus les bénéficiaires sont éloignés de l’âge de départ à la retraite, plus cette perte sera conséquente.
Les bénéficiaires de l’ASS et de l’AAH se trouvent donc dans une situation précaire, confrontés à un avenir incertain sans soutien adéquat. La nécessité d’un cadre de protection renforcé pour les personnes en situation de handicap devient une question urgente et essentielle à aborder.