Depuis ce jeudi matin, une grève des salariés de TotalEnergies perturbe les opérations dans plusieurs raffineries françaises du groupe. Les sites de Normandie, de Loire-Atlantique et la bio-raffinerie de La Mède, dans les Bouches-du-Rhône, sont particulièrement touchés, selon les déclarations de la CGT. Ce mouvement social est motivé par des questions liées à l’emploi et aux salaires.
EN BREF
- Des grèves affectent les expéditions de carburants dans plusieurs raffineries de TotalEnergies.
- La CGT estime que plus de 50 % des salariés sont en grève, contre 2 % selon la direction.
- Les revendications portent sur l’embauche d’intérimaires et une augmentation salariale de 200 euros par mois.
Éric Sellini, coordinateur CGT pour le groupe, a déclaré que les expéditions de carburant étaient soit stoppées, soit déjà en cours d’arrêt. En revanche, la direction de TotalEnergies conteste ces chiffres, affirmant que seulement 2 % des employés étaient en grève dans l’ensemble de ses raffineries et bio-raffineries.
Malgré cette divergence, le groupe pétrolier a reconnu le blocage des expéditions et a assuré qu’il continuait à approvisionner son réseau de stations-service grâce à d’autres moyens logistiques. Selon la CGT, 27 stations-service de la filiale Argedis étaient fermées en raison de la grève, alors que la direction n’en dénombrait que onze sur environ 180 stations de la filiale.
Ce mouvement de grève s’inscrit dans un contexte compliqué, marqué par des difficultés logistiques dues à la guerre au Moyen-Orient et par le plafonnement des prix des carburants par TotalEnergies. Cette situation a entraîné une ruée d’automobilistes dans les stations-service du groupe.
Revendiquer des conditions de travail dignes
La CGT a exprimé des inquiétudes concernant des effectifs “sous tension”, ce qui pourrait compromettre la sécurité des opérations. Le syndicat a mis en avant des problèmes tels que des départs non remplacés et un recours excessif à des intérimaires et à des contrats à durée déterminée. Pour remédier à cette situation, la CGT exige l’embauche de tous les intérimaires et la transformation des postes vacants en contrats à durée indéterminée.
Les revendications salariales sont également au cœur des préoccupations des grévistes. Les salariés ont constaté que leurs salaires stagnent et sont même rattrapés par le Smic dans certaines filiales du groupe. En dépit de l’annonce par la direction d’un versement anticipé de 1 000 euros sur la prime annuelle, les grévistes ont maintenu leur appel à la grève. La CGT demande une augmentation de 200 euros mensuels pour tous les employés ainsi qu’un salaire minimum fixé à 1,2 Smic.
Des bénéfices en forte hausse
En termes de résultats financiers, le groupe TotalEnergies a enregistré un bénéfice net de 11,2 milliards de dollars, soit environ 10 milliards d’euros, au cours du premier semestre de cette année. Ce chiffre représente une progression de 73 % par rapport à l’année précédente, illustrant ainsi la performance économique du groupe malgré les tensions sociales actuelles.
La situation actuelle chez TotalEnergies met en lumière les défis auxquels sont confrontés les salariés dans le secteur pétrolier. Les revendications exprimées par les syndicats soulignent l’importance de garantir des conditions de travail adaptées et des rémunérations justes pour l’ensemble des employés.