Proposition de double plafond pour les tickets-restaurant : 25€ au restaurant, 10€ en supermarché

La question des tickets-restaurant se trouve actuellement au cœur d’un débat intense à l’Assemblée nationale. Une proposition de loi, examinée par la commission des Affaires sociales, pourrait instaurer un double plafond de dépenses, permettant aux bénéficiaires d’utiliser leurs titres pour un maximum de 25 euros dans les restaurants, tandis que la limite serait fixée à 10 euros pour les achats en supermarché. Cette mesure, qui suscite des tensions entre restaurateurs et grande distribution, pourrait redéfinir l’utilisation des tickets-restaurant pour les 6 millions de salariés qui en bénéficient.

EN BREF

  • Un double plafond de 25€ au restaurant et 10€ en supermarché est proposé.
  • Le ministre des PME est ouvert aux discussions sur le sujet.
  • Le texte sera examiné à l’Assemblée nationale le 12 octobre.

Ce projet de loi vise à pérenniser l’utilisation des tickets-restaurant pour les courses alimentaires, pratique qui s’est généralisée avec la crise inflationniste. L’amendement au cœur de cette réforme a pour but de garantir que le titre conserve sa vocation première : soutenir le secteur de la restauration, gravement affecté par les changements d’habitude des travailleurs, notamment avec l’essor du télétravail. Cette initiative est portée par des députés des groupes MoDem et Renaissance.

Les conséquences d’un tel changement sont déjà source de vives tensions entre les différents acteurs du marché. D’un côté, l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) soutient que ce double plafond est « la seule réponse juste et équilibrée pour soutenir le pouvoir d’achat des salariés sans pénaliser l’activité et l’emploi dans nos territoires ». Cette organisation professionnelle avance que refuser cette mesure compromettrait un secteur de 175 000 restaurants, au profit de la grande distribution.

De l’autre côté, la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), qui représente des enseignes telles qu’E. Leclerc et Carrefour, conteste cette approche. Selon la FCD, les tickets-restaurant doivent rester un avantage social destiné aux salariés, et non un mécanisme pour garantir des revenus à un secteur spécifique. Elle souligne que pour de nombreux employés, les supermarchés constituent une option de proximité pour leurs repas.

Le parcours législatif de cette réforme est déjà défini. Après son passage en commission, le texte sera examiné dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale le 12 octobre prochain. Si la loi et ses amendements sont adoptés, les changements ne seront pas immédiats. L’entrée en vigueur de ce nouveau système, y compris le double plafond, est prévue pour le 1er janvier 2028. En attendant, la loi actuelle, qui autorise l’utilisation des titres-restaurant pour les courses alimentaires, sera prolongée.

En outre, la proposition de loi inclut la dématérialisation complète des titres-restaurant, ainsi qu’une exigence de transparence accrue concernant les commissions prélevées par les sociétés émettrices. Ce projet pourrait donc avoir des répercussions significatives non seulement sur les habitudes de consommation des salariés, mais également sur l’économie des deux secteurs concernés.

Il est indéniable que ce débat sur les tickets-restaurant met en lumière des enjeux plus larges concernant le pouvoir d’achat et l’avenir de la restauration en France. Alors que la date d’examen approche, les discussions promettent d’être animées et pourraient redéfinir le paysage économique des prochaines années.