MaPrimeRénov’ : les nouveaux contours de l’aide à la rénovation énergétique

Le gouvernement a récemment pris des mesures significatives concernant le dispositif MaPrimeRénov’. Publié le 27 août 2026, un nouveau décret et un arrêté réduisent la liste des travaux de rénovation énergétique éligibles, malgré l’avis défavorable émis par le Conseil national de l’habitat deux mois plus tôt. Cette décision vise à orienter les propriétaires vers des rénovations globales, jugées plus efficaces, mais complique le parcours de ceux qui préféraient avancer par étapes.

EN BREF

  • Réduction de la liste des travaux éligibles à MaPrimeRénov’ pour favoriser les rénovations globales.
  • Exclusion des travaux d’isolation et des appareils de chauffage au bois du dispositif.
  • Aide maintenue pour certaines rénovations dans les logements classés F ou G, jusqu’en 2028.

Les modifications apportées au dispositif MaPrimeRénov’ concernent principalement le financement des travaux isolés, qui ne seront plus soutenus. En effet, la nouvelle liste ne comprend plus les projets d’isolation, l’acquisition d’appareils de chauffage au bois, ainsi que les systèmes de ventilation. En revanche, les pompes à chaleur, qu’elles soient air-eau, eau-eau ou géothermiques, restent les grandes bénéficiaires de cette aide publique.

Pour les logements situés outre-mer, d’autres dispositifs, notamment ceux relatifs à la protection solaire et aux chauffe-eaux solaires, continuent d’être soutenus. De plus, la date butoir interdisant la réalisation de travaux par geste dans les logements classés F ou G a été repoussée jusqu’au 1er janvier 2028. Ainsi, il demeure possible d’obtenir une aide pour l’installation d’une pompe à chaleur dans une passoire thermique, bien qu’une isolation préalable soit fortement recommandée.

Tandis que l’État se désengage des petits chantiers, les fournisseurs d’énergie prennent le relais par le biais du dispositif des Certificats d’économie d’énergie (CEE). Les travaux exclus de MaPrimeRénov’, tels que l’isolation des combles ou le changement de certains vitrages, demeurent éligibles aux primes énergie. Ces primes sont accessibles via les distributeurs d’énergie ou des entreprises spécialisées.

Le solaire thermique bénéficie également d’un coup de pouce : pour compenser son exclusion de MaPrimeRénov’, les primes CEE sur ces équipements seront renforcées jusqu’au 31 décembre 2026. Les forfaits classiques peuvent être multipliés par 4 ou 5 pour les ménages les plus modestes, tandis que le bonus pour l’achat d’un chauffe-eau thermodynamique peut atteindre jusqu’à 7 fois son montant initial.

En combinant ces aides privées avec le maintien d’une TVA réduite à 5,5 % et la possibilité de souscrire à un Éco-prêt à taux zéro (Éco-PTZ), il devient possible de planifier des travaux sans avoir à se lancer immédiatement dans une rénovation lourde. Néanmoins, il est crucial de réaliser des calculs minutieux et de veiller à ce que l’artisan soit certifié RGE (Reconnu Garant de l’Environnement).

Face à ces changements, les propriétaires doivent désormais s’adapter à un nouveau paysage de l’aide à la rénovation. Si certains travaux pris en charge par MaPrimeRénov’ sont désormais exclus, la combinaison d’autres aides peut néanmoins permettre d’atteindre des objectifs de rénovation énergétique, tout en tenant compte des exigences et des conseils des experts du secteur.