Vidéo-verbalisation : une surveillance accrue et des amendes en forte hausse en France

La vidéo-verbalisation s’impose progressivement comme un outil majeur dans le domaine de la réglementation routière en France. En 2025, plus de 13 millions de procès-verbaux électroniques ont été enregistrés, un chiffre qui témoigne de l’engouement croissant pour ce dispositif. Plus de 500 communes françaises en sont désormais équipées, selon les données révélées par Coyote, une application de navigation et de détection des radars.

EN BREF

  • 13 millions de PV électroniques dressés en 2025 en France.
  • Les infractions à l’origine de ces amendes : stationnement gênant, circulation sur voies réservées.
  • Des avis partagés sur l’impact de ces caméras sur la sécurité routière.

Les infractions les plus fréquemment sanctionnées comprennent le stationnement gênant, tel que le stationnement en double-file, sur des voies de bus ou des pistes cyclables. La circulation sur des voies réservées et le franchissement de feux rouges figurent également parmi les comportements les plus réprimés, ainsi que l’utilisation du téléphone au volant.

Cette situation suscite un débat intense parmi les Français. Sur les ondes de RMC, certains participants des Grandes Gueules expriment leur mécontentement face à ce qu’ils perçoivent comme un « flicage » généralisé. Abel Boyi, éducateur, déclare : « Il ne faut pas être en infraction d’accord, mais dans l’esprit ce n’est pas bon. En France, nous sommes les premiers à critiquer les sociétés comme la Chine avec des caméras partout. »

Ce débat soulève des questions sur la finalité de ces mesures. Selon Boyi, la multiplication des caméras n’est pas dictée par un réel souci de sécurité routière, mais plutôt par la nécessité pour l’État de générer des revenus. « La réalité, c’est que l’État a besoin d’argent », affirme-t-il, partageant son expérience personnelle de perte de points sur son permis de conduire.

Les critiques ne se limitent pas aux grandes villes. Dans des communes de taille modeste, comme Sélestat ou Châteaudun, la vidéo-verbalisation s’installe également. Alain Marschall, qui vit à Nice, raconte avoir été verbalisé alors qu’il avait réglé son stationnement via son téléphone. Il dépeint un climat de méfiance, où chaque déplacement en voiture devient un risque d’amende.

« À Nantes, on appelle ça la sulfateuse », déplore Florian, paysagiste en Loire-Atlantique. Les petites infractions, comme le dépassement de quelques minutes d’une durée de stationnement, deviennent sources de stress. « Beaucoup de collègues ne veulent plus travailler à Nantes », ajoute-t-il, soulignant l’impact négatif de cette surveillance accrue sur la vie quotidienne des automobilistes.

Face à cette situation, les avocats proposent des stratégies pour contester les amendes. Sandrine Pégand, avocate, évoque le droit de contester un PV, soulignant que les images ne peuvent être conservées indéfiniment par la CNIL. Elle explique que les automobilistes peuvent apporter des preuves contraires devant le tribunal de police, ce qui pourrait annuler la contravention.

Les enjeux financiers liés aux amendes sont également mis en lumière. Pégand précise que le coût de la procédure de contestation doit être évalué par rapport à celui de l’amende. Ce processus peut également permettre aux automobilistes de conserver leur permis de conduire et leurs points.

En résumé, la vidéo-verbalisation est devenue un instrument incontournable de la régulation routière en France, mais elle suscite des craintes quant à une surveillance excessive. Les débats sur son efficacité et ses implications continuent d’alimenter les discussions, tant sur le plan juridique que social. Alors même que la sécurité routière reste un objectif partagé, il est crucial de trouver un équilibre entre prévention et respect de la vie privée des citoyens.