Attaque meurtrière à Ryad : le bilan s’alourdit et les Houthis sont accusés

Samedi, l’aéroport international de Ryad, en Arabie saoudite, a été le théâtre d’une attaque au missile qui a causé la mort d’au moins 12 personnes et blessé 309 autres. Cet événement tragique est considéré comme l’attaque la plus meurtrière que le royaume ait connue depuis dix ans, selon des sources officielles. Les autorités saoudiennes attribuent cette offensive aux Houthis, des combattants pro-iraniens du Yémen. Cet article fait le point sur la situation actuelle.

EN BREF

  • Un missile a frappé l’aéroport de Ryad, causant 12 morts et 309 blessés.
  • Les Houthis, accusés par Ryad, n’ont pas revendiqué l’attaque.
  • La coalition saoudienne promet une réponse ferme face à cette « attaque terroriste ».

Le missile a visé ce samedi l’aéroport international King Khalid de Ryad. Le porte-parole de la coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite, Turki al-Malki, a qualifié cette attaque de « crime de guerre » en raison de sa cible, un terminal de passagers. Bien que les Houthis n’aient pas revendiqué le tir immédiatement, cette offensive s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre les belligérants de la région.

Cette attaque survient après plusieurs frappes antérieures, mercredi et jeudi, qui avaient déjà causé la mort de trois personnes, dont un pilote. L’ampleur de ces attaques est inédite depuis le début du conflit au Moyen-Orient, qui dure maintenant depuis huit mois. Les autorités saoudiennes de l’aviation civile ont confirmé le bilan de 12 morts, parmi lesquels figurent quatre Saoudiens et huit étrangers, dont un Américain. Une ressortissante française a également été blessée, comme l’a indiqué le Quai d’Orsay.

Des sources médicales, présentes sur les lieux, ont rapporté des évacuations par hélicoptère et ont mentionné que plusieurs personnes, au moins cinq, nécessitaient des soins intensifs. Un passager, témoin de la scène, a décrit la panique ambiante : « J’ai vu des blessés. Tout le monde courait. »

En réponse à cette escalade de violence, la coalition militaire saoudienne a promis de « répondre avec fermeté à cette attaque terroriste ». Des personnalités politiques internationales, dont Donald Trump, ont également réagi. Ce dernier a exprimé que « ce qui s’est passé en Arabie saoudite n’est pas acceptable » et a mentionné qu’il s’entretiendrait avec le prince héritier Mohammed ben Salmane. En ce qui concerne une éventuelle participation américaine à des frappes contre les Houthis, Trump a laissé la porte ouverte, déclarant : « C’est possible. Nous allons examiner la question. »

De son côté, le gouvernement français a condamné ce qu’il qualifie d’« attaque odieuse » et a réaffirmé sa « totale solidarité avec le Royaume d’Arabie saoudite ». L’émissaire de l’ONU pour le Yémen, Hans Grundberg, a dénoncé une « grave escalade », tandis qu’Antonio Guterres a exprimé son « profond choc » face à ces événements. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a également estimé que ces « attaques meurtrières contre des civils doivent cesser immédiatement ». La communauté internationale, à travers des voix comme celle du ministre de la Défense britannique Wes Streeting, qualifie cette attaque d’« acte totalement méprisable ». Des pays comme les Émirats arabes unis, l’Irak et le Pakistan ont également exprimé leur indignation.

Pour l’instant, l’aéroport de Ryad est fermé et devrait rester inaccessible pendant encore 24 heures, selon les informations de Flightradar24. Au Koweït, l’ambassade saoudienne a affrété des bus pour transporter les ressortissants souhaitant rentrer à Ryad, un voyage de plus de 600 kilomètres à travers le désert, en raison de l’annulation de leurs vols.

Dans une déclaration récente, les Houthis ont renouvelé leurs avertissements à l’égard des voyageurs et des compagnies aériennes. Leur porte-parole militaire, Yahya Saree, a affirmé que les aéroports saoudiens, à l’exception de ceux de La Mecque et Médine, « sont exposés aux frappes et constituent un théâtre d’opérations ». Cette situation souligne l’instabilité persistante dans la région et les conséquences tragiques des conflits en cours.