Précarité alimentaire en France : un adulte sur huit souffre de la faim

En France, un phénomène alarmant touche de nombreuses familles : la précarité alimentaire. Nathalie, 42 ans, témoigne de cette réalité insupportable où les enfants souffrent de la faim. Selon une enquête d’Action contre la faim, 13 % des adultes de plus de 18 ans ont parfois ou souvent des difficultés à se nourrir. Ce chiffre grimpe à 25 % chez les jeunes adultes de 18 à 24 ans.

EN BREF

  • 13 % des adultes en France manquent parfois de nourriture.
  • 25 % des jeunes de 18 à 24 ans souffrent de précarité alimentaire.
  • Action contre la faim appelle à un droit à l’alimentation inscrit dans la loi.

Le témoignage de Nathalie illustre la détresse d’un nombre croissant de Français. « Quand vos enfants vous disent “j’ai encore faim” mais que vous n’avez plus rien à leur donner, c’est bouleversant… et très violent », confie-t-elle. La situation de cette Parisienne est loin d’être isolée. Elle a perdu une partie significative de ses aides sociales lorsque sa fille aînée est devenue majeure, la plongeant dans une précarité critique.

« Il me restait que 500 g de pâtes dans le placard et je ne savais plus quoi donner à mes enfants », raconte-t-elle, soulignant l’insuffisance de son budget alimentaire. Dans sa quête de soutien, elle a été orientée vers une épicerie solidaire dans le XVIIIe arrondissement, gérée par l’Armée du salut, qui aide plus de 150 familles depuis son ouverture en avril 2026.

De son côté, Jade, mère de trois enfants, doit également jongler avec un budget serré. « J’arrive pas à acheter en supermarché, c’est trop cher ! » déclare-t-elle. Pour éviter de se retrouver à court de produits, elle utilise divers stratagèmes : recherche des promotions, achats dans plusieurs enseignes, et même légumes au marché. « Courir derrière les promotions pour s’en sortir, c’est un vrai travail ! » s’exclame-t-elle, exprimant la fatigue que cela engendre.

Hélène Quéau, directrice de la mission France à Action contre la faim, souligne que cette précarité alimentaire peut engendrer des problèmes de santé, notamment l’obésité. « Il ne faut pas s’étonner qu’il y ait une augmentation de l’obésité et d’autres pathologies en lien avec une mauvaise alimentation », avertit-elle. Elle milite pour un droit à l’alimentation et des politiques publiques adaptées, évoquant une pétition lancée pour inciter la Commission européenne à examiner la question.

Les choix alimentaires se révèlent souvent contraints par des budgets limités. Édocksie, 41 ans, partage son expérience : « Si tu prends du dentifrice, ils n’auront pas autre chose. » Elle vit avec ses enfants dans un hôtel social, confrontée chaque jour aux difficultés d’une alimentation équilibrée. « C’est un souci permanent. Il faut le vivre pour le croire », conclut-elle avec une tristesse palpable.

La situation de Jade, qui s’autorise parfois un petit extra pour ses enfants, met en lumière la dure réalité de ces familles. Elle évoque les petits plaisirs qu’elle s’efforce d’offrir, même si cela signifie renoncer à d’autres dépenses. « Tous les deux mois, quelque chose comme ça, je prends du chocolat pour faire plaisir aux enfants… », avoue-t-elle, tandis qu’une amie à ses côtés, Inès, exprime son désespoir : « Moi, ça fait bien plus de deux mois que je n’ai pas acheté de chocolat ou de cookies ! »

Ces témoignages mettent en avant une réalité préoccupante : la précarité alimentaire touche des millions de Français, y compris ceux qui travaillent. L’engagement d’ONG comme Action contre la faim est crucial pour sensibiliser le public et pousser les pouvoirs publics à agir. La lutte contre la faim doit devenir une priorité, car la dignité de chacun passe par le droit à une alimentation suffisante et de qualité.