Le climat d’insécurité s’intensifie en Arabie saoudite, alors que les Houthis, soutenus par l’Iran, ont renouvelé leurs menaces ce dimanche 11 octobre. Cela intervient au lendemain d’une attaque meurtrière contre l’aéroport de Ryad, faisant 12 victimes, la plus grave survenue dans le royaume en une décennie.
EN BREF
- Les Houthis menacent de frapper à nouveau les aéroports saoudiens.
- Une attaque à Ryad a causé 12 morts et 309 blessés.
- Les condamnations internationales se multiplient après l’incident.
La portée et la fréquence des attaques dirigées contre Ryad ces derniers jours n’ont pas été observées depuis le début du conflit yéménite en 2014. Les Houthis, qui n’ont pas revendiqué l’attaque de samedi, ont mis en garde les voyageurs et les compagnies aériennes : il est conseillé de ne pas utiliser l’espace aérien saoudien, à l’exception des aéroports de La Mecque et Médine. Leur porte-parole militaire, Yahya Saree, a affirmé sur X que ces lieux sont désormais considérés comme des cibles.
Les frappes récentes, qui ont fait un total de six morts à Ryad mercredi et jeudi, ont été attribuées par la coalition militaire saoudienne à des missiles houthistes. Cette dernière a qualifié l’attaque de samedi de « crime de guerre », promettant une réponse vigoureuse. Un diplomate occidental a également confirmé que l’attaque avait été réalisée par un missile houthi.
Ce tragique incident est le plus meurtrier en Arabie saoudite depuis un attentat suicide en 2015, qui avait coûté la vie à 15 personnes dans une mosquée. Les autorités saoudiennes ont rapporté que parmi les victimes figuraient des ressortissants de plusieurs nationalités : quatre Saoudiens, deux Bangladais, ainsi qu’un Américain, un Égyptien, un Argentin, un Syrien, un Palestinien et un Soudanais. Un témoin de l’attaque a relaté à l’AFP une scène de panique, décrivant des passagers courant pour échapper au danger.
Les réactions internationales ont été immédiates. Donald Trump a exprimé son indignation, qualifiant l’attaque d’inacceptable et indiquant qu’il envisagerait une implication militaire américaine pour contrer les Houthis. En parallèle, la coalition a signalé qu’un projectile était tombé près de l’aéroport de Dammam, dans l’est du royaume.
Suite à l’attaque, l’aéroport de Ryad a été fermé et ses opérations suspendues. Des sources du secteur aérien ont confirmé que l’aéroport resterait à l’arrêt jusqu’à nouvel ordre, en raison de dommages aux systèmes de radar et de communication. Des ambassades étrangères ont recommandé à leurs ressortissants d’éviter l’aéroport pendant une semaine. Les fonctionnaires américains doivent désormais obtenir une autorisation pour accéder aux aéroports de Dammam et Jeddah, une mesure renforcée après l’attaque.
Cette escalade de violence s’inscrit dans un contexte où l’Arabie saoudite s’apprête à accueillir plusieurs conférences importantes, notamment celle annuelle sur l’investissement, qui attire des dirigeants et des personnalités influentes du monde entier.
Dans la capitale saoudienne, le ministère de l’Éducation a ordonné la mise en place d’un enseignement à distance pour une semaine, en raison de la situation préoccupante. L’ONU ainsi que plusieurs pays, dont le Royaume-Uni, l’Allemagne et le Pakistan, ont fermement condamné l’attaque, tandis qu’Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a qualifié cet événement d’« escalade dangereuse ».
Sur le terrain au Yémen, les hostilités se poursuivent, après que les Houthis ont pris le contrôle de zones stratégiques, notamment le détroit de Bab el-Mandeb. Des sources militaires yéménites ont indiqué que les forces gouvernementales continuaient de progresser, bien qu’elles peinent à sécuriser cette région cruciale. Actuellement, l’île de Mayyoun, située au cœur de ce passage maritime, reste aux mains des Houthis.
La situation demeure tendue et incertaine, avec des répercussions potentielles sur la stabilité régionale et les relations internationales. Les acteurs impliqués dans ce conflit doivent faire face à des décisions cruciales, alors que les conséquences de cette escalade se font déjà sentir.