À Toulouse, un homme de 38 ans est soupçonné d’avoir fraudé plusieurs commerçants en leur promettant des virements immédiats pour des biens d’une valeur totale de près de 35 000 €. Ce stratagème, qui a duré sept mois, repose sur une simple manipulation : la présentation d’un faux justificatif de virement.
EN BREF
- Un homme en fauteuil roulant a réussi à escroquer des commerçants à Toulouse.
- Il a utilisé des faux justificatifs de virement pour obtenir des biens de valeur.
- Le préjudice total est estimé à près de 35 000 €.
Le 27 février 2026, au sein du Comptoir des monnaies à Toulouse, le suspect s’est présenté avec un discours bien rodé. Bien que dépourvu de carte bancaire, il a promis un virement immédiat après avoir choisi cinq pièces d’or, d’une valeur de 4 500 €. Pour convaincre le vendeur, il a montré un justificatif de paiement sur son téléphone, ce qui a suffi à rassurer le commerçant. Ce dernier, croyant à la bonne foi du client, lui a remis les pièces. Cependant, l’argent ne sera jamais crédité sur son compte.
Ce premier incident a ouvert la voie à une série de dix escroqueries allant jusqu’en septembre 2026. Les commerçants floués se trouvent non seulement à Toulouse, mais aussi à Portet-sur-Garonne, Mazamet, Fenouillet, Carcassonne et Sainte-Livrade-sur-Lot. Un détail troublant dans cette affaire est que, dans certains cas, un simple clic sur une alerte bancaire a suffi à priver les victimes de tout recours.
Le suspect, identifié comme Mourad, est un homme déjà connu des services de police. Avec un passé criminel marqué par des condamnations pour escroquerie, il a été incarcéré à plusieurs reprises entre 2011 et 2025. Installé à Toulouse, il semble avoir repris ses anciennes habitudes avec une nouvelle méthode.
Après le coup des pièces d’or, Mourad s’est dirigé vers la bijouterie Donjon à Portet-sur-Garonne, où il a utilisé des faux documents d’une société fictive pour acheter près de 4 000 € de bijoux. La même promesse de virement l’a accompagné lors de chaque transaction, laissant derrière lui des commerçants désemparés.
En juillet, son intérêt pour les cartes de collection s’est intensifié. Il a ainsi acquis pour 1 900 € de paquets de cartes Pokémon. Ce type de fraude rappelle l’engouement croissant autour de ces cartes, qui attirent des arnaqueurs de plus en plus audacieux.
Le point culminant de son activité frauduleuse s’est produit en septembre, lorsqu’il a tenté d’acheter pour 12 000 € de cartes Pokémon auprès d’un particulier. Dans cette transaction, Mourad a continué à jouer le jeu de la confiance, laissant son numéro de téléphone personnel au vendeur. Bien que les premiers échanges aient semblé prometteurs, le silence et l’absence de paiement ont rapidement suivi.
Les investigations de la brigade financière du SLPJ de Toulouse Rive Gauche ont finalement conduit à l’interpellation de Mourad. Des perquisitions ont permis de retrouver une partie des cartes de collection volées. Lors de ses auditions, le suspect a reconnu les faits, tout en avançant qu’il agissait sous la contrainte d’individus dangereux, une version qui demeure à vérifier.
Le 9 octobre 2026, il a été présenté au parquet de Toulouse, sans être placé en détention provisoire. Son procès est prévu pour le 19 novembre. Les victimes, quant à elles, continuent de s’interroger sur la légitimité de leurs transactions. L’absence de détention a suscité des réactions dans les commentaires en ligne, où certains lecteurs soulignent l’absurdité de la situation, rappelant qu’un virement instantané devrait être visible en quelques secondes.
Cette affaire met en lumière les dangers des preuves de paiement présentées sur smartphone. La DGCCRF a d’ailleurs alerté sur ces arnaques, où les victimes valident elles-mêmes un virement qui n’existe pas réellement. Le tribunal devra maintenant trancher sur la question de l’escroquerie pour chaque victime. En attendant, la leçon à retenir est claire : un justificatif sur un téléphone ne vaut jamais un virement reçu.